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L'écoute de la musique n'est pas en perdition, loin de là. Le monde de l'édition l'observe et la mesure, comme il se doit, à travers des tranches de marché. Il reste qu'entre qualité et quantité d'écoute(s), l'accord n'est pas réellement parfait.

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- DVSM, 19 mars 2021. Qui se rappelle de cette onde de choc du "peer to peer", vite comprise comme "pire du pire" par les instances du monde phonographique...? Il y a un bon quart de siècle, les jeunes utilisateurs des prouesses naissantes de la connexion débridée ont fait s'amonceler les nuages sur l'univers du disque, passé en, déjà, un autre quart de siècle, du microsillon au CD-Audio. Inquiétude compréhensible, car musique et marché du disque, donc recettes y compris pour les artistes, ne faisaient qu'un. Ou presque. Parce qu'à la radio, l'écoute était gratuite, les diffuseurs réglant les droits aux organismes collecteurs, la radio faisant de son côté recette grâce à ses annonceurs. Un schéma simple, qu'un penchant pour l'air libre, air musical, pouvait désarticuler. Le Syndicat National de l' Edition Phonographique, SNEP, vient de publier les chiffres de la musique pour l'année 2025. Toujours question de recettes, désormais fractionnées en deux grands segments, le "physique" (les disques et autres supports achetés par des consommateurs) et ce qui est écouté en ligne résumé par le succulent franglisisme de "streaming".   

Dans un total assez théorique de 122 milliards d'écoutes, l'ensemble de cette musique confirme sa bonne tenue, qui se résume par un autre total, celui du 1,071 milliard d'euros de recettes, en progression de +3,9%. Et dans cette belle collecte, le "physique" en arrive même à enregistrer sa meilleure performance en 25 ans.! Avec +5% et un CA de 205 millions de nos euros, il présente un aspect qui mérite une attention particulière. Dans ce total, le vinyle qui se vend moins en quantités que le CD surpasse le support numérique en valeur. En clair, un consommateur accepte volontiers de dépenser davantage pour un classique analogique que pour un digital... Peut-être pour le côté "vintage", plus probablement pour une qualité d'écoute... Qui aurait parié sur un tel retournement de perception, il y a, au choix, 25, ou 50 ans...? 

Payer, oui, mais pas au-delà du raisonnable. En musique, l'ère libre reste une valeur indéracinable, et une règle d'existence fondamentale. Le "streaming" (ou écoute numérique en flux continu) poursuit une progression, mais celle-ci devient moins musclée. "C'est désormais le pilier du marché de la musique" indique sans détour le SNEP, en en soulignant le CA de 702 millions d'euros en 2025, qui est en progression -quand même- de +5,4%

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Toutefois, et au-delà de nombreux autres paramètres, il semble que l'un d'eux reste essentiel à considérer.: "à la louche", les trois quarts des consommateurs n'ont pas (encore...?) craqué pour un abonnement musical payant. Jadis, le dimanche, par beau temps, il était agréable d'écouter la musique que des exécutants propageaient gracieusement d'un kiosque sur une place centrale, au cœur de la ville. Avec parfois une transposition sublime de cette écoute gracieuse quand, dans les jardins de Montecatini (célèbre vile d'eau située en Toscane, Italie), les curistes et leurs accompagnants sombraient d'admiration aux accents d'œuvres que distillaient divinement les musiciens de la Scala de Milan... Dans les couloirs du métro parisien, l'air d'un accordéon fut longtemps aussi une image sonore classique, pas forcément totalement gratuite, puisque l'écuelle de l'accordéoniste tintait des pièces y tombant généreusement (rien ne démontrant que cet artiste du sous-sol -je n'ose pas dire underground- reversait la part des ayant droits). 

Quantité et qualité... Retour sur cette donnée initiale. Comparons un instant, dans le nombre de ceux qui, ce midi, auront "mangé", la nuance entre le kebab vite avalé sur un tabouret presque mi-gras et l'entrecôte à la moelle pommes duchesses dégustée dans le confortable fauteuil d'une élégante brasserie. Si "on" -sens large- consomme toujours davantage de musique, l'écouter dans les meilleures conditions possibles ressemble de plus en plus à ce duel kebab-versus-entrecôte. Certains diront peut-être "quel dommage.!" Préférons la formule "quelle erreur.!"... Certes, les petits machins high-tech qui se glissent auriculairement dans nos pavillons ont leur valeur et leurs qualités, l'une d'elle étant de laisser les autres oreilles dans le calme acoustique. Mais ils privent d'un ressenti, celui de la musique perçue par tout le corps et pas seulement le tympan. Une nuance qui nous plongerait vite dans une nostalgie de l'écoute en vrai des musiciens de la Scala de Milan ou le plus ou moins fidèlement vrai de la chaîne hi-fi, face à une banale paire d'écouteurs sans fil. Quel dommage pour la musique, le plaisir, ce phénomène purement physiologique, et une certaine vision de la culture. Mais puisque nous étions entrés par la porte des "tranches de marché", quel dommage aussi pour des ventes aux utilisateurs, pour lesquels l'offre s'est si vertigineusement repliée, en deux quarts de siècle...Y.D.

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Tag(s) : #- TENDANCES, #- MUSIQUE, MUSIQUES..., #- LES CHIFFRES, #- A LA UNE
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