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Il est commode de résumer le phénomène en le qualifiant de "mondialisation". Avec quelques préjugés et sous-entendus, mais en oubliant un facteur essentiel, qui guide tous les autres, celui de la dimension.

 

---DVSM---

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- DVSM, 10 juillet 2026. La petite chanson a bien changé. Elle disait "qui a peur du grand méchant loup.?" Son refrain est devenu "Qui a peur du grand méchant BYD.?" Le concurrent, ou l'adversaire, est ce méchant, loup, jadis japonais, puis coréen, et maintenant chinois. Il est puissant, audacieux, malin, voire un peu "culotté". C'est pourtant celui contre lequel il faudrait -il aurait fallu- s'armer, se battre, mais jusqu'où, face à des réalités les plus simples.? Sur ce blog, un parallèle a déjà été établi entre la puissante montée de l'industrie nippone de l'EGP, il y a un demi-siècle, qui a doucement éliminé celle du Vieux Continent. Non parce que les industriels de l'Empire du Soleil levant étaient méchants, mais parce que leurs concurrents européens n'avaient pas su, voulu, pu, choisissez le participe passé à votre guise, se placer à un nouvel échelon, désormais planétaire. Aujourd'hui, sur l'ensemble du monde occidental "élargi", tout ménage ou individu possède son téléviseur. Un équipement qui est à peu près le même pour tous, avec un écran (dalle) de 30 à 60 pouces de diagonale est des images largement assez bien définies pour l'essentiel des envies. Dès lors, une question industrielle domine toutes les autres et douche le moindre espoir déraisonnable.: combien d'intervenants peuvent suffire pour fournir l'essentiel des marchés TV à des coûts que les consommateurs acceptent.? Une interrogation d'autant plus déterminante que tous ces marchés se sont terriblement émoussés. Vers les années 1990-1992, en France, le total des quantités de téléviseurs vendus avait approché 9 millions de pièces. Nous en sommes depuis plusieurs années à un peu plus d'un tiers, entre 3 et 3,5 millions d'unités annuelles, (pourvu que ça dure...) une évolution qui, dans les grandes lignes, s'est également produite sur la plupart de ces marchés déjà évoqués.

Dans le même monde occidental "élargi", et avec certes quelques nuances, tout ménage ou individu possède sa ou ses automobiles. Reste que dans les médias économiques et spécialisés, les discours se sont, en quelques mois, sérieusement amendés. Au diable les formules trompeuses, ou même fuyeuses. Plus un acteur ou observateur ne se le dissimule, l'industrie européenne joue à la vie à la mort. Ne tombons pas dans les lieux communs propres aux profanes, au grand public, comme "il y aura des marques qui survivront". Oui, sous licences, un certain temps. Comme des écrans Philips, Thomson ou autres peuvent encore se repérer au cœur des linéaires. Mais alors que la définition de l'automobile se contracte de plus en plus, se résumant, (comme le téléviseur dédié soit à la cuisine, ou au grand salon ou à la chambre des enfants, en gros, la taille) à des citadines, des moyennes et de grandes routières ou pour familles nombreuses ou presque, l'interrogation clé est devenue.: de combien d'industriels la planète a-t-elle besoin pour que ses besoins en véhicules soient comblés.? Dès lors, il faut revenir à une notion un peu oubliée, par moment, celle de cette fameuse, redoutée et quand même célèbre "mondialisation"... La dimension d'un globe accessible même physiquement en tous points et en quelques heures s'impose au fabricant de presque tout produit d'être calibré pour servir le monde entier. Cela paraît délirant, et pourtant incontournable. D'ailleurs, c'est bien parce que BYD, comme d'autres asiatiques, a un calibre lui permettant d'adresser toutes les cibles, qu'il effraye des concurrents qui ne se sont pas réellement armés pour un tel défi. Pas plus que jadis les Thomson, Philips, Grundig, Nokia, Siemens et autres... Gloires qui avaient déjà dominé des acteurs plus "régionaux", comme en France, et entre autres les Arphone, Grandin, Ribet-Desjardin... (feuilleter les magazines des années 1960 revient à visiter les allées d'un immense cimetière). Le monde d'aujourd'hui n'est plus celui d'hier. Mais une donne nouvelle est à prendre en compte sans pour autant imposer sans plus attendre d'éventuelles nouvelles règles.: les dimensions de ce monde sont désormais cernées, atteintes, non extensibles. Et de surcroît, la démographie est plutôt vieillissante et en repli. Osons, pour dérider le lecteur perplexe et pantois, une petite série de questions. Combien la planète compte-t-elle de fabricants de smartphones...? Et de notebooks...? Et de moteurs pour avions de transport de passagers...?  Et d'enseignes de restauration "burgers"...? Et de fabricants de colas pétillants...? 

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Il y a dans la compétition avec l'industrie chinoise (de l'automobile, mais pas seulement) un côté "Lièvre et tortue". Au lieu de se réunir dans de confortantes rencontres avec les huiles du pouvoir (on ne devient pas capitaine d'industrie sans, croient certains, quelques appuis haut placés), les grands stratèges de nos firmes, aujourd'hui, pas loin de jeter leurs chaloupes à la mer, auraient certainement dû mieux suivre de près ce que faisaient "les autres", ceux que l'on a découvert en tant que concurrents redoutables. Dans les années 1950, et suivantes, Akio Morita, co-fondateur et patron de Sony, était allé lui même aux US pour dénicher de possibles revendeurs, allant jusqu'à charrier lui-même des cartons. On n'a rien sans rien. Dans les mêmes années 1950, l'acheteur d'une 2CV Citroën commandait la suivante en prenant livraison de sa voiture neuve, du fait des 2 ans de délai pour en obtenir une suivante. C'est dire si Javel était armé pour une éventuelle montée en cadence au cas où de zélés vendeurs, ceux que l'on appelle des "tueurs" (langage de pros) seraient revenus an bercail avec de majestueux bons de commandes. Des dirigeants qui se croient à la pointe du support de l'industrie, rêvant de leur génération de licornes, feraient mieux de plancher, éventuellement de longues nuits, pour par exemple tout faire afin que ceux de nos industriels qui se bougent le c.. pour vendre (il y en a) ne soient pas "presque aussi concurrentiels" que les autres, mais un peu, ou même beaucoup plus. L'industrie allemande avait mieux réussi sur les marchés extérieurs, mais en restant trop dans les segments élevés (les plus profitables). Ceux que les concurrents sont en train de conquérir, avec une arme qu'il aurait fallu au moins un peu verrouiller, et non la rendre obligatoire... l'électricité...

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Tag(s) : #- A LA UNE, #- TOUTE L'INDUSTRIE, #- TENDANCES, #- STRATEGIES, #- RÉALITÉS
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