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Tôt ou tard, la Chine en arrivera à conquérir là où elle le pourra.

L'édito d'Yves Dupré

Délire de fin de semaine ? Café du matin un peu trop corsé ? Certainement pas. S'il est un enseignement majeur de ce début de siècle que les techniques numériques contribuent à mettre en évidence, c'est bien le fait que notre planète a des dimensions strictement limitées. Certes, nous le savions. Pas depuis si longtemps, d'ailleurs. L'âge de notre globe est d'environ 4,5 milliards d'années. Et c'est au cours des 19ème et 20ème siècles que l'on a enfin conquis quelques outils, comme l'aéroplane, le satellite, la radio, les télécoms etc., permettant de prendre conscience de cette réalité. Moins de 200 ans, d'une manière concrète. 

La fulgurante croissance de la population (passée de 1,7 à plus de 7 milliards d'âmes en un peu plus d'un siècle) a aussi réveillé les consciences sur les limites de ce que pompeusement, nous appelons notre "univers", mais qui fort banalement se résume aux mètres carrés disponibles sur le plancher des vaches. Comme pour l'oiseau dans sa cage, comme pour le poisson dans son bocal, nos conquêtes vers un extérieur que nous voyons et connaissons de mieux en mieux restent globalement dans le domaine de la science-fiction.

Et Alibaba, dans tout cela ? Le jeune géant du commerce en ligne chinois vient de s'offrir une croissance de 54% durant le quatrième trimestre de 2016, par rapport à la même période de 2015. Inéluctablement, sa folle montée en puissance ralentira dans un délai certes indéterminé, mais peut-être plus rapide qu'on l'imagine. Cette évolution se traduira alors par un choc frontal avec la nécessité de poursuivre une croissance. C'est déjà inscrit dans la logique : le géant chinois devra faire main basse sur un géant d'ailleurs, de l'extérieur de son bocal local. La seule alternative possible à ce scénario étant qu'Alibaba devienne lui-même la proie avalée par un géant occidental. Ce qui n'a rien d'impossible.

Au lieu d'aller encore plus loin dans un futur plus futuriste que ce futur proche déjà si présent (vous suivez ?), ramenons notre réflexion au niveau de chacune de nos zones de chalandise. Ne retrouvons-nous pas des mécanismes étrangement (enfin, presque) similaires ? Et surgissent les questions : qui va racheter qui ? Il y a quelques années, le groupe MediaSaturn a tenté, sans réussir, de s'implanter en France. A présent, le groupe FNAC-Darty détient sur notre territoire une sorte de double enseigne majeure qui, par certains côtés, n'est pas sans rappeler le duo d'outre-Rhin Saturn + Mediamarkt. Le groupe de Vincent Bolloré qui, depuis les mouvements de 2016, détient 10% de FNAC-Darty, ne pourrait-il pas en venir à songer soit à une cession, (ce qui serait un peu "tristoune") soit à une nouvelle conquête dans le plus parfait respect de son ADN ? Réflexion délirantes ? Non, simple évocation du phénomène dit de la concentration.

Qu'est-ce que la concentration ? C'est un peu ça, un rapprochement permanent des uns et des autres, jusqu'à ce que, dans les limites de la planète, on en arrive à un théorique acteur unique, dès lors forcément voué à une dégringolade, faute de conquête possible, et sous la menace des appétits de jeunes nouveaux entrants. On tourne en rond ? 

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