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Que faire...? Cette question qui hante bien des salles de conseils municipaux n'a probablement pas de réponse parfaite et à court terme. Sur ce thème, la proximité du prochain scrutin attise les humeurs.
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- DVSM, 23 août 2025. Entendu au détour d'un couloir : "voici venue l'heure des em-maire-dements...". La lente et inexorable mutation des centres de villes entre en collision frontale avec une période compliquée. Dans de nombreuses cités, des citoyens sincères rêvent des rues et avenues animées d'hier. Ils aimeraient les voir revivre, sans pour autant rompre avec de nouvelles habitudes, aussi logiques qu'incontournables, consistant notamment à se diriger instinctivement vers les zones commerciales qui vibrent en périphéries. On y trouve tout -ou presque-, alors qu'au centre, plus rien -ou presque...- mais de moins en moins. Et plane en arrière-plan ce rendez-vous qui ressemble à un défi sans solution. Alors, promettre, sachant que tenir peut vite être... intenable, ou ne rien promettre, sachant que le rejet électoral s'annonce alors inévitable. Comme si les municipalités, aux prises avec une avalanche d'autres problèmes, avaient à portée de main une palette de solutions. Illusion...
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Est-ce que c'est déjà fichu...? Sans doute, et depuis longtemps. La glissade remonte à des périodes dont les équipes dirigeantes se sont plus là. Ces épisodes ne sont d'ailleurs que des maillons de la longue chaîne des transformations des villes, qui s'étire au fil des siècles. Les grandes agglomérations ont, à certaines époques, été pilotées par des décisionnaires qui en ont fait des zones très attractives pour le commerce. Comme à Paris, au milieu du 19ème siècle, quand les métamorphoses monumentales initiées par le baron Hausmann ont été suivies de la création des grands magasins parisiens. Des circonstances moins heureuses ont aussi eu des effets positifs dans un sens identique. Très largement détruites par les bombardements de la guerre 39-45, de nombreuses villes allemandes ont été reconstruites en intégrant un commerce devenant grand et puissant. Les villes d'outre-Rhin restent très animées, même à l'heure présente, époque de l'automobile pourtant fer de lance de l'économie de ce voisin*. Preuve que cette "satanée bagnole" n'est sans doute pas la responsable (ni ceux qui s'en servent), et que c'est surtout la nécessité de penser la ville qui a longtemps fait défaut. Chasser des centres toujours actifs les véhicules qui tentent encore d'y accéder ne revient qu'à donner un coup de grâce à ce qui est déjà mort.
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En Loire Atlantique, le journal "Les Echos d'Ancenis" relate la préoccupation de l'équipe municipale locale, exemple entre beaucoup d'autres.
Alors, quelles attitudes adopter...? La plus simple (simpliste...?) serait celle de tenter de résister. C'est une stratégie qui n'écarte pas le risque de prolonger le mal constaté. Simplement parce que financer une telle implantation a très peu de chances d'être validé par des structures solides**, et qu'elle ouvre la porte à des entrepreneurs courageux, ambitieux, qui ne ménageront pas leurs efforts. Mais auront du mal à équilibrer leurs comptes, atteindre le nécessaire point mort, surtout dans un contexte de décroissance dans la consommation, et d'une catastrophique manie à la ponction étatique qui déséquilibre déjà pas mal de commerces pourtant jadis profitables. Le risque pour une avenue centrale est donc de voir se prolonger des installations relativement éphémères, amplifiant le côté décadent de tout quartier.
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Mais au fait, dans toute ville, il existe des rues, petites, moyennes ou plus, dans lesquelles des ménagent résident heureux, éventuellement satisfaits de ne pas être dans des lieux isolés, comme "pleine" en campagne (non électorale), pas trop loin d'une école, d'un lieu de culte, d'une place de marché... enfin, de la ville où il fait bon vivre, et pas loin d'un ensemble commercial où l'on trouve tout, on se gare facilement... Faire d'une artère jadis commerçante une rue ou une avenue à vivre, ne serait-ce pas, en attendant mieux, au moins une voie de recours.?
* Les zones d'activités périphériques existent aussi outre-Rhin, mais elles se sont développées assez récemment, et surtout, n'ont pas pris une importance suffisante pour anéantir l'intra-muros.
** Pourquoi s'installer dans un centre de ville déjà moribond est une initiative à haut risque.? Aujourd'hui, l'entrée dans une activité commerciale ne se fait plus au doigt mouillé, fort d'une solide conviction. La multiplication des groupements (franchises ou simplement s'appuyant sur des tissus de grossistes ou centrales d'achats) a apporté un réflexe salutaire. On ne crée pas une entreprise de commerce (magasin, restaurant, etc.) sans un financement qui ne peut se construire que sur la base d'un projet solide. Celui-ci, qui peut intégrer des concours bancaires ou d'investisseurs, s'appuie sur l'analyse indispensable de la zone de chalandise, de son potentiel de développement -ou l'inverse, démographie en berne oblige-, la concurrence éventuelle. Un maillage des phases de démarrage, avec plan financier sans lequel rien ne peut se faire, est ainsi établi. Cet ensemble est non seulement indispensable pour le projet lui-même, mais pour ce qui va y être lié. Ne voit-on pas, assez fréquemment, des commerces ou restaurants s'établir et assez vite péricliter faute d'assises suffisantes.? Financement mal ficelé, perspectives trop optimistes... Dommage pour les instigateurs, mais aussi pour des éventuels fournisseurs non réglés, des salaires de collaborateurs qui seront à financer par la collectivité, des pertes de CA et de profitabilité frappant, voire déséquilibrant des concurrents locaux... Entreprendre n'est jamais une action seulement personnelle, elle engage largement au-delà de son propre périmètre.
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