/image%2F1844442%2F20260621%2Fob_cdf90d_aaf-presse-rayon.jpg)
Il fallait s'attendre à ce que l'émergence des techniques dites numériques et des usages qui en sont faits bouleversent ce qui était il y a quelques décennies un univers solide et puissant. Avis de tempête...!
---DVSM---
-
- DVSM, 21 juin 2026. Si la presse écrite n'est pas coulée, certains de ses grands acteurs sont touchés. Inutile de chercher les causes de situations compliquées imposant des décisions douloureuses. C'est bien sur le plan économique que des avaries se constatent. Le géant Prisma, repris par le groupe Bolloré, offre à ce dernier la joie de se voir attribuer des qualificatifs peu glorieux. Mais le groupe Ouest France, plutôt positionné sur l'autre branche de la balance des opinions, annonce lui aussi des suppressions de postes. Tout cela commenté dans ce qui ne relève pas forcément de la meilleure pertinence. Les transitions ratées ou trop tardives vers le numérique, parfois évoquées, ne sont que des analyses faciles, un peu de la famille des lieux communs. Alors que la réelle cause de ces turbulences sévères se situe à n'en pas douter dans une vaste métamorphose, qui ne pouvait qu'être attendue. Elle réside essentiellement dans l'incroyable multiplication des vecteurs d'information pas seulement politique- vers lesquels se tourne le public, parmi lesquels la part de l'accès gratuit est montante. Si analyser et commenter tout ce qui tourne autour de la qualité d'une information parfois assez malmenée peut se comprendre, sans rien changer, c'est par la dilution des ressources publicitaires que le nerf de la guerre propulse des symptômes difficilement maîtrisables. Les annonceurs (sans lesquels presque aucune presse écrite n'a jamais pu s'équilibrer financièrement) n'ont pas davantage qu'auparavant de budgets à ventiler vers ces canaux, qui doivent in fine se partager ce qui ne peut plus être qualifié de gâteau. De surcroît, non seulement la consommation est en mauvaise posture, tout comme le pouvoir d'achat, mais des pans entiers de produits ont soit disparu, soit se sont réduits à de médiocres fractions de ce qu'ils étaient. (C'est en particulier le cas pour la plupart des produits techniques, des softs et des consommables qui les accompagnaient). Le vieillissement de la population et la dénatalité risquent d'amplifier les facteurs négatifs.
/image%2F1844442%2F20260621%2Fob_9fdd50_aaf-tvhomedolby-guide-cine-2020.jpg)
Qu'on ne s'y trompe pas, il est à redouter que des révisions d'ampleur de même esprit interviennent tôt ou tard dans le camp des médias audio, vidéo et assimilés. De quelques chaînes de TV il y a un quart de siècle au paysage connu et touffu désormais, qui croise le fer avec les plateformes, les réseaux sociaux, les Vlogueur et autres influenceurs, cet univers est entré dans une jungle qui ne peut pas faire que des gagnants. Dans le seul créneau des canaux TV, où se diffusent à longueur de temps les mêmes spots, il est clair que les recettes pour chacun ne sont plus comparables à ce que furent les budgets TV de la grande époque. Comme cela est usuel sur les voies du numérique, on partage...! La part de chacun ne permettra peut-être pas à tous de vivre sereinement, ou même de survivre. Naturellement, les personnels de ces médias prennent et prendront de plein fouet les conséquences d'une évolution dont ils ne sont pas la source. On ne peut que comprendre leur réaction, qui ne peut hélas renverser une sorte de changement d'ère probablement inéluctable.
/image%2F1844442%2F20150915%2Fob_cb0234_carre-intro.jpg)