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L'enseigne spécialisée dans le jouet n'a pas réussi à redresser la barre au pays des spéculoos.

 

- DVSM – Juin 2018 – Les difficultés du secteur du jouet sont connues, et plus d'une enseigne en subit les conséquences. En redressement judiciaire (ce qui n'est pas une situation de faillite*), La Grande Récré tente de se restructurer, ce qui ne pourra se faire qu'avec des fermetures de magasins (environ un quart du réseau), et donc des suppressions d'emplois. Une révision stratégique fondamentale reste l'élément déterminant de la réussite de ce sauvetage. La branche belge de cette enseigne, dont les responsables espéraient "tenir" encore quelques semaines, finalement, jette l'éponge. Les 15 points de vente du pays ont d'ores et déjà baissé leur rideau de fer.

 

Comme cela a déjà été souligné, si la cause des difficultés de cette filière est souvent attribuée à la concurrence du commerce en ligne, cette explication qui est juste reste toutefois très incomplète. Certes, Internet a attiré de nombreux clients, du fait d'une forte orientation du jouet vers un commerce de produits référencés, faisant l'objet de plans de communication d'ampleur, réduisant les actes de vente à la cession de ces références, la compétitivité étant souvent le seul élément d'argumentation, avec la tenue des délais, des dispos, et la dispense d'un passage en point de vente. Mais il faut aussi tenir compte d'un très sensible reflux de natalité, observé dans ses grandes lignes sur l'ensemble du monde occidentale. Ainsi, en France, alors que l'on dénombrait 828.000 naissances en 2008 (829.000 en 2007), il n'en était plus enregistré que 757.000 en 2017. Les glissements de circuits à circuits et les réalités démographiques rendent plus aigües les conséquences de stratégies inadaptées aux structures concurrentielles actuelles.

 

​​​​​​​* Le redressement judiciaire est une phase décidée par le tribunal de commerce pour toute entreprise en difficulté qui fait une déclaration de cessation paiements (familièrement désignée par "dépôt de bilan"). Cette période, au minimum de 2 mois, permet d'éviter les actions individuelles de créanciers, et est destinée à redresser la situation, dans les intérêts équivalents de l'entreprise et de ses créanciers, sous le contrôle du tribunal qui éventuellement désigne pour cela un administrateur. Si au terme de cette période, le redressement n'est pas réalisé (ou pas assez engagé) il peut alors être décidé de l'interrompre et de procéder à une "Liquidation judiciaire", (autrefois, "liquidation des biens") avec répartition du produit de la liquidation aux créanciers, "au marc le franc" (autrement dit, au prorata des créances des uns et des autres, répartition ne se faisant cependant qu'après règlement des créances dites "super-privilégiées" (principalement les salaires), puis des créancier privilégiés (Etat, organismes sociaux, mais l'URSSAF n'étant pas créancier privilégié, procède souvent à une inscription de privilège quand cet organisme de recouvrement a des doutes sur des créances). Au terme de cette opération, le tribunal de commerce prononce le plus souvent une "clôture pour insuffisance d'actif", et ce n'est que dans le cas où, suite à ces étapes, une mauvaise gestion est constatée qu'un jugement de faillite peut être prononcé à l'encontre des dirigeants.  

 

 

 

 

Tag(s) : #L'info en temps réel, #- TOUT LE COMMERCE
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