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L'édito d'Yves Dupré.

Ayant en mémoire les couvertures médiatiques des échéances électorales passées, j'avais pris une décision fort simple hier, journée du premier tour des présidentielles de 2017.: éviter tous les médias, et en particulier radio et télévision, de très tôt le matin jusqu'à 20h00 pile. Et ce fut une bien belle journée, un peu fraîche mais ensoleillée, et surtout fort relax. Mon smartphone est par prudence resté connecté, des proches pouvant avoir envie ou la nécessité de me joindre. J'ai donc reçu pas mal de notifications, que j'ai sèchement effacées avant même de pouvoir les lire. Je ne voulais pas entendre une fois de plus la surabondance classique de ces sempiternelles analyses bidons sur le taux de participation avec des "décryptages" sans aucun intérêt, en alternance avec les scoops inoubliables du style "Monsieur Machin s'est rendu vers telle heure au bureau de vote de tel endroit. Il a voté, puis serré quelques mains avant de repartir dans sa propriété etc."

Bref, j'ai joué l'autruche tranquille et sereine, mais quand même avec deux ou trois notifs venues presque par effraction d'outre-frontières, donnant avant l'heure dite des pourcentages et finalement un résultat... final juste, très proche du score définitif. En France, on fait ce que l'on peut, ailleurs, ce que l'on veut.

Revenu à la vie quotidienne active, à 20h01, j'ai pris connaissance du résultat –que, donc, je connaissais déjà- et j'ai ensuite un peu louvoyé au gré des canaux. Une petite dizaine de chaînes ont passé des heures à se repasser les plats discours des responsables politiques et les dissections en tranches fines de chaque micro-détail des résultats du scrutin par des analystes ayant parfois, cela transpire, du mal à trouver quelque chose d'original à exposer. Au passage, celles qui s'intitulent chaînes d'info n'ont même pas eu l'occasion de signaler le moindre événement se déroulant ailleurs, dans le monde.

Ras la casquette ! J'ai alors cherché à visionner un film. J'aurais adoré voir et surtout revoir Le Silencieux (avec Lino Ventura).  De circonstance, non ? Perdu. Pas diffusé ce soir, pas abonné Netflix, pas le DVD, pas le Blu-ray... A oublier. 

Et ce matin, je m'aperçois des traces laissées sur mes adresses Internet. Un grand quotidien français y a à lui seul expédié dans la soirée plus d'une vingtaine de ce que les médias appellent des "breaking news". Des rikiki-scoop ne faisant que surdoser le surdosage. Étonnant : dans ce tohu-bohu de mails, où se sont aussi mêlés quelques offres de fenêtres PVC, de mutuelles s'affirmant moins chères, de proposition d'essai pour un SUV tout neuf et quelques classiques du genre, le seul qui manque à l'appel est celui qui aurait dû, contractuellement, être dans le flot, à savoir l'édition du jour d'un quotidien auquel je suis abonné payant ! Aucun écho de ce côté. Certains évoquent à longueur de chroniques le "système médiatique". Ne serait-il pas plus exact de parler du épuisant brouhaha ? Va-t-on longtemps encore convaincre les chalands qu'un téléviseur est indispensable à l'équipement du foyer ?

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Tag(s) : #- Edito par Yves Dupré
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