
La presse internationale s'attarde sur l'inculpation de l'héritier du conglomérat coréen pour corruption et autres malversations.
Décidément, c'est une saison bien compliquée pour Samsung qui, non contant de ne plus engranger autant de profits sur son créneau fétiche des smartphones, a subi ce que certains appellent un "accident industriel", et que d'autres analysent plutôt comme les conséquences d'un lancement trop rapide et techniquement mal ficelé de son Galaxy Note 7. Cette fois-ci, c'est l'aboutissement d'un déroulé que chacun pouvait suivre au jour le jour, un petit feuilleton, dont Jay Y. Lee, héritier qui aurait dû prendre les commandes du chaebol, risque désormais "une lourde peine de prison ferme" estiment les spécialistes du droit coréen. De là, plusieurs enseignements.
En Corée, classée aujourd'hui 11ème puissance économique mondiale, nombre de très grands groupes sont ou étaient encore il y très peu de temps des entreprises familiales. Ce qui n'est d'ailleurs pas un cas unique, et dépend plus de l'âge des firmes que des systèmes ou usages économiques. Cette situation met surtout en lumière le fait souvent oublié que ce territoire, qui a subi mille et un avatars ayant pesé sur son histoire, vit comme un espace économique jeune, qui s'est développé parallèlement aux premières décennies de la mondialisation.
Les faits qui mettent en péril l'avenir de l'héritier pèsent aussi sur le futur quasi immédiat du groupe. Il est probable que la situation inattendue imposera une restructuration majeure des équipes dirigeantes. Et par conséquent de ses stratégies industrielles et commerciales.
Les ventes de Samsung seront-elles affectées ? Si les médias appliquent à tous les sujets qu'ils couvrent les mêmes traitements, c'est à craindre. Nous avions fait récemment un parallèle (audacieux certes) avec les ennuis du coréen et ceux d'un candidat à la présidentielle ayant peut-être rémunéré son épouse pour un travail que certains supposent fictif. Mais Samsung ne subira peut-être pas une rafale médiatique trop destructrice, alors que dans les deux cas, il est tout de même question d'argent, de profits illicites, bref, de ce qu'au comptoir du Café du Coin on résume par "magouilles". Si cela devait être le cas, ses parts de marché deviendraient, elles aussi, de plus en plus fictives.
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