LE SUCCÈS DE L'OPA (INAMICALE) DU GROUPE BOLLORÉ SUR GAMELOFT A DÉJÀ UNE CONSÉQUENCE : LE DÉPART ANNONCÉ DE SON PDG MICHEL GUILLEMOT. EN FILIGRANE, SE DISCERNE UNE VISION DE LA VIE DES ENTREPRISES QUI NE PEUT NE PEUT EN AUCUN CAS LAISSER INDIFFÉRENT.
Souvent, le dépit naît de la prise de contrôle de firmes françaises en pleine réussite par des groupes étrangers. L'actualité a d'ailleurs été très animée ces derniers jours par le constat de la "perte" de quatre acteurs puissants du CAC40 au profit de "puissances étrangères". Mais pour ce qui concerne le groupe Ubi, le conquérant est bien de chez nous. Faut-il se désoler de voir doucement mais peut-être inéluctablement (ce n'est pas encore fait) passer cette vedette du jeu vidéo dans l'univers d'une galaxie aux entreprises très diversifiées, ayant des implantations sous de nombreux horizons, mais dont les racines restent bel et bien dans l'Hexagone ? Certes, pour la famille Guillemot, l'étape est amère, même si, quel que soit le futur de cette aventure, son succès restera indélébile. Mais le départ annoncé de Michel Guillemot, qui avait "lancé" médiatiquement Gameloft le 30 août 2001 (date de notre photo) sonne comme un début de défaite, identique à celle d'un animal sauvage qui ne voulait pas se laisser capturer. Une sensation qui n'est pas forcément justifiée, tant ce fait peut aussi être considéré comme une victoire.
Le réel constat qui naît de cet épisode est qu'une entreprise, au sens large du terme, ne peut être animée que par une vie en expansion, conquérante, pour ne pas dire prédatrice. Certains accuseront le "système", d'autres feront le constat lucide du fait qu'il s'agit d'une évolution naturelle, qu'aucune tentative de correction n'a jamais été conduite de manière probante. De plus, mieux vaut être convoité pour sa valeur (ne serait-elle que stratégique) et ses atouts, qu'être repris à l'occasion d'une mauvaise passe. Les frères Guillemot ont-ils des reproches à se faire ? Comme celui, par exemple, d'être restés dans un schéma "monoculture", au lieu de s'être propulsé dans d'autres domaines ? Auraient-ils dû lancer une activité dans l'accessoire de jardinerie, reprendre une PME créant des médicaments génériques, se développer dans les drones… On ne réécrit pas l'histoire.
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