QUAND LES STRATÉGIES FONT PLANER LE DOUTE. MULTIPLIER LES CANAUX NE MULTIPLIE PAS LES CLIENTS…
Une quinzaine d'années après son décollage, le commerce en ligne arrive désormais à une sorte de palier. Après les années d'euphorie, et parfois de précipitations, avec des sites partis dans l'aventure un peu trop vite, puis une montée en puissance laissant croire à un envahissement total, c'est un peu comme si les enseignements étaient tirés et les bilans achevés. D'où des stratégies inattendues, certainement inspirées par les éléments les plus déterminants : les comptes. C'est du nouveau monde que nous parviennent ces informations qui semblent antagonistes mais le sont moins qu'on l'imagine. Best Buy, le "Darty" d'outre-Atlantique, renonce au concept de la "market place". Ce modèle qui est un peu à la quête des consommateurs ce qu'est le papier tue-mouches à l'attirance des insectes volants ne fait donc visiblement pas réellement recette. Question (à laquelle nous n'avons pas la réponse) : en est-il de même pour d'autres célèbres adeptes de ce concept ?
Simultanément, Clarion (groupe Hitachi) se retire (toujours outre-Atlantique) de toute distribution physique, pour ne garder qu'un nombre extrêmement restreint de spécialiste du commerce exclusivement en ligne. La raison ? Ne cherchez pas le Bon Dieu derrière l'église. C'est encore dans les comptes qu'il faut suspecter la présence d'éléments déterminants. Si la distribution physique du pays de l'Oncle Tom met autant d'ardeur à proposer des équipements d'électronique embarquée que celle de l'Hexagone, on ne peut que comprendre cette réaction. Inutile d'insister dans des investissements de merchandising.
Derrière ces attitudes, se devine une lente mais inexorable dérive dans le travail des enseignes, pour ce qui concerne les équipements techniques. On n'imaginerait cependant dans pas une même attitude dans des domaines tels que l'alimentaire ou le textile. Une enseigne laisserait-il filer son rayon boucherie sous prétexte que les consommateurs mangent moins de viande ? Mais les efforts des fournisseurs comptent aussi dans le panorama. Entre l'effervescence quotidienne de l'action pour les boissons, et "l'électromerchandising-ogramme" presque plat d'une large proportion des fournisseurs d'équipements numériques dès que l'on sort des sentiers battus, il y a de la distance !
Donc, réseaux physiques trop lourds à suivre financièrement, et pas assez profitables : on se réfugie dans ce que les enseignes en ligne voudront bien véhiculer.
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