…quel impressionnant pesant de significations cet événement ferait naître !
Se fera, ne se fera pas ? Pour l'heure, les rumeurs nées il y a quelques heures proviennent de l'affirmation d'un groupe d'information anglo-saxon en général plutôt bien renseigné. Mais au-delà de la rumeur, la probabilité de mouvements dans le secteur des télécoms est élevée sur notre territoire. L'arrivée d'un quatrième opérateur s'est depuis longtemps révélée problématique, d'autant que celle-ci a été organisée au moment où les télécoms mobiles avaient épuisé les ressources de la période de conquête du marché. L'heure d'une restructuration arrivera.
Le Groupe Bouygues a, par ses représentants, dont Martin Bouygues en personne, insisté sur sa volonté de rester dans ce créneau : "ce qui est bien la preuve qu'ils veulent céder" ont plaisanté en substance de nombreux spécialistes. Toutefois, un facteur supplémentaire est à prendre en compte, et pas des moindres. En seulement quelques saisons, les télécoms et les médias audiovisuels se sont spectaculairement rapprochés. Numériques, ils ne forment plus qu'un seul univers, passablement agité et effervescent à la simple vision des évolutions qui s'annoncent, tant sur le plan technique qu'en termes de tailles critiques et de pertinences de métiers. Rien ne garantit que ce nouveau monde sera profitable pour tous d'ici quelques années. Les chaînes de télévisions classiques (linéaires disent les vrais pros) vont perdre de leur importance face à des sources multiples qui, déjà, sont proposées au public. Côté télécoms, et alors que tous les consommateurs sont désormais équipés, c'est la bataille sur les prix qui domine, et à l'horizon, se profile une inéluctable bataille entre modes de transmission (5G, fibre, réseaux de milliers de satellites…) que vont se livrer, sur le registre du transport des données autant que sur celui des contenus, les détenteurs des voies de transmission/diffusion et de biens culturels (au sens le plus large). Un avenir qui se dessine comme nettement plus dans les cordes d'un groupe comme Orange que de l'ensemble télévision + télécoms du célèbre groupe de BTP. A bien y réfléchir, le groupe Bouygues a certainement glané le meilleur de ce qu'il pouvait espérer, lorsqu'il s'est engagé en reprenant TF1 dans un processus amorcé il y a juste 30 ans.
Se fera, ne se fera pas ? L'avenir le dira. L'hypothèse d'un passage de témoin de cette façon apparaît nettement plus constructif pour Bouygues que la vente de sa téléphonie mobile à un "simple" concurrent, aussi pétillant soit-il. Voici donc un nouveau feuilleton… à suivre !
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