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Le moyen terme en technologie ne peut pas échapper à son imprégnation dans un futur immédiat. Le nombre et la diversité des intervenants devant au bout du cheminement concrétiser ce renouveau rend incontournable une longue préparation qui pourrait paraître prématurée.

- DVSM, 27 octobre 2020. Ces derniers jours, la 6G était presque plus omniprésente que la 5G dans l'actualité des sphères impliquées dans les télécoms. Ce qui inclut l'industrie des composants, les fabricants et gestionnaires de réseaux, les artisans du soft, les premiers acteurs du marketing, etc... La cause de cet emballement est facile à identifier. Quelques conférences ont été tout récemment tenues entre firmes et parties prenantes du présent et de l'avenir. L'objet étant d'avancer dans la définition des objectifs d'usage et donc des nécessités techniques. Un gros travail de défrichage dont les résultats vont influer sur les critères de développement des systèmes d'exploitation, des composants pour faire "tourner la machine", et pourquoi pas, anticiper au niveau de la 5G là où des passerelles pourraient déjà être imaginées dans la perspective d'une migration future. Principal enseignement, il se dégage une volonté partagée pour un lancement en 2030 (environ, on ne dit encore ni le jour, ni l'heure…). Autre perspective clairement exprimée, assez vertigineuse, le débit nécessaire. Il sera de l'ordre de 100 fois supérieur à celui de la 5G, ce qui constitue la ligne de mire, en deçà de laquelle développer une nouvelle "G" n'aurait pas toute sa justification.

Ce qui est déjà beaucoup. Un détail frappe déjà l'imagination et devrait tendre à rendre attentifs tous ceux qui vont prendre part à ce développement. Les critiques ne vont en effet pas manquer de souligner non la vitesse de transmission, ni même la puissance, mais un autre point, ô combien psychologiquement sensible, la consommation. Côté transmissions, le tout reste en effet irrémédiablement figé dans la vitesse physiquement immuable de la propagation des ondes hertziennes. Une hypothétique augmentation de puissance ne serait liée qu'à une volonté de propagation sur des distances plus grandes, dans l'optique de la réduction du nombre des relais (pour faire simple, de pylônes...*), alors que la nature des utilisations supposerait éventuellement un nombre de cellules plus important, ce qui serait justifié par un nombre croissant d'utilisateurs. S'il s'agit des individus, les taux d'équipements en 4G sont déjà tels que les besoins semblent satisfaits (sauf dans des zones où la couverture est insuffisante). Si leurs sont ajoutés d'autres "clients", tels les véhicules autonomes, densité et couverture devront être optimisés.

En revanche, il y aura certainement une montée en puissance de la consommation d'énergie, liée au travail des microprocesseurs qui auront pour mission de configurer les données, compression pour l'émission, décompression à la réception, en temps réel bien sûr, donc notamment au niveau des smartphones. Une telle augmentation est déjà d'actualité avec la 5G, et dans cette perspective, des systèmes de refroidissement hardis (tels des tubes réfrigérants) sont déjà en développement. Ce qui fait aussi apparaître une autre conséquence, celle de l'autonomie des portables. Rassurons cependant les futurs écolos râleurs de service. S'il y a bien une consommation d'énergie, elle sera compensée par des économies réalisées grâce à cette transmission de données. Il est vrai que déjà, obnubilés par les consommations actuelles, ils en oublient de défalquer des totaux consommés les mégatonnes de carburants non brûlées, ce que les téléconférences permettent, en remplacement de déplacements par la route ou l'avion. Savent-ils qu'en dépit de la mise en oeuvre de ces systèmes de télécommunications mobiles, en France, la consommation de produits pétroliers est passée de près de 90 millions de tonnes en 2000 à moins de 73 millions en 2019...? (grâce aussi aux progrès sur les motorisations, notamment de ces automobiles et de ces aéronefs que les mêmes écologistes intégristes souhaitent réduire au rôle d'objets inertes).  

* Ou à des choix de bandes de fréquences exigeant plus de puissance, ce qui serait le résultat de choix non techniques, mais politiques, au sens large (et parfois étroit) du terme. 

 

Tag(s) : #- A LA UNE, #- Télécoms

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