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"Le mensonge naît des vérités dont on abuse" (Voltaire). Nouvelle illustration de cette réalité.

Quand un individu s'aventure sur Internet, il met en fonction un certain nombre d'instruments alimentés en énergie électrique. Vrai. Ceux-ci ont des consommations allant du modeste (le "device" de l'individu) au relativement lourd, comme dans les centres de stockage et d'exploitation des données (data centers). Vrai. En somme, cet utilisateur de la toile est un quidam bien peu respectueux de la planète, un début de coupable, d'autant que l'énergie qu'il sollicite est, selon la tournure d'esprit des commentateurs accusateurs, mauvaise si elle est d'origine fossile (charbon, pétrole), nucléaire, éolienne (avec ces grands pylônes qui détériorent les paysages) ou solaire (trop de terres rares dans les panneau photovoltaïques). Ceux qui regardent leurs courriers archivés, surfent sur des sites (seraient-ils ceux du genre "impôts.gouv") ou, pire encore dans la voyoucratie, regardent un film via Netflix méritent les travaux forcés. En clair, un petit clic est un geste bien peu citoyen. Faux !

A ces irritations anti-web qui viennent de se répandre dans les médias, il convient peut-être d'apporter quelques remarques. Par exemple : au lieu de regarder un film sur Netflix, les pollueurs le seraient-ils moins en visionnant le même long métrage à la télé ? Les émetteurs, les antennes relais, le studios de TV, tout cela consomme aussi de l'énergie. Et s'il le regardent sur cette plate-forme, regardent-ils aussi, en même temps, un autre film sur leur téléviseur (double consommation) ? Probablement pas, sauf gros risque de migraine.

Autre exemple : un fidèle lecteur qui consulte ce DVSM "on line" est-il vautré dans une débauche gaspillante de KWh ? Sans doute beaucoup moins que quand il lisait le magazine DVSM en version papier, pour lequel une énergie non négligeable était consommée : sur la route pour acheminer le papier jusqu'à notre imprimerie, puis avec les machines offset (sans oublier la photogravure préalable), et encore le brochage (avec quelques kilomètres entre imprimerie et atelier du dit brochage), le tout suivi d'une expédition via routage vers les abonnés… Comme le disent les écologistes les plus intégristes : il faudrait faire un bilan carbone pour chacune de ces méthodes. Juste pour voir.

En outre, les télécommunications numériques sont globalement bien plus économes en énergie que les usages classiques. N'ont-elles pas provoqué d'énormes changements d'habitudes ? La Poste va devoir relever de gros défis depuis qu'une proportion considérable de courrier ne prend plus la route quotidiennement, depuis les cartes  de vœux jusqu'aux bons de commandes et aux factures, en passant par les déclarations fiscales. Et que dire des nombreux voyages vers des horizons lointains pour des rendez-vous professionnels désormais fréquemment remplacés par des vidéoconférences ou par de simple séances de Face Time ou de vidéo communication via Skype ? N'y aurait-il pas des pollueurs de la déclaration qui feraient mieux de consacrer un peu d'énergie à remuer plusieurs fois leur plume dans leur encrier avant de se lancer dans des remarques pour le moins contestables ?

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Tag(s) : #- Grrr...! et cartons rouges, #L'info en temps réel

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