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Les organisateurs d'événements tel que celui-ci, à la fois mobilisateurs mais pour certains dans des temps fort périlleux, ont en commun avec les meilleurs chefs en cuisines l'art de faire monter les sauces. Question de recette(s).

 

---DVSM---

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- DVSM, 6 janvier 2026. Contre moyenne fortune gros cœur…! "Cœur attractif", comprenons-nous bien. Pas un organisateur n'oublie de souligner la principale preuve de son succès, l'affluence, vue par l'image. Le CES 2026 se tient du 6 au 9 janvier. Dans l'édition de 2025, il avait été dénombré 142.465 visiteurs, Un score essentiellement composé de professionnels, avec 81.621 visiteurs dits "de l'industrie" et 6.582 du monde des médias. Donc 88.203 quidams (et "qui...dames"), soit plus de 58% des individus s'étant déplacés jusqu'au milieu du Nevada. Côté expo proprement dite, sont installés pas moins de 4.500 exposants, qui ne sont pas présents que pour les facettes spectaculairement médiatiques du show, mais bien pour faire du commerce, "du chiffre". En imaginant 60 heures de présence, soit 12 par jour d'ouverture, un visiteur décidé à tout voir ne disposerait pour son exploration que de moins de 50 secondes par exposant. Pour l'organisateur, les enjeux se situent bel et bien dans ce grand chiffre et cette population exposante, irremplaçable pour que les recettes apportent l'équilibre économique à l'événement. Pour une large part, ces 4.500 exposants sont les précieux acheteurs des milliers de mètres carrés de stands, la vraie clientèle de l'expo. Leur objectif est simple, rencontrer des clients, parler business, éventuellement prendre des commandes. C'est la facette comptablement dominante mais dont les médias parlent peu, la ruche active d'un continent nord-américain où vibre au quotidien une effervescence économique établie sur un très large ensemble de domaines. Plus médiatiquement, comme de nombreux salons, le CES (dont les origines remontent aux années 1960) se concentre sur un thème qui, au fil du temps, a bel et bien dû évoluer.

Il n'y a encore que quelques années, le Consumer Electronics Show avait pour axes fondamentaux le son, l'image (sauf la photo) et ce qui y était contigu, résumé par la formule "Electronique Grand Public". Comme son concurrent de Berlin l'IFA, le CES a été contraint d'épouser les circonvolutions d'un secteur à la fois élargi, hier "l'électronique", aujourd'hui "la technologie", applicable à une infinité d'univers et d'équipements, de l'écran à l'aspirateur, du smartphone à l'ordinateur, du son haute résolution au moulin à café, etc., mais aussi rétréci, de nombreuses lignes ayant tout simplement été balayées par les transformations des techniques et des usages. De fait, sous l'impulsion du très énergique et méritant Président et CEO, Gary Shapiro (photo), l'organisme... organisateur du CES, l'ex-CEA, est devenue la "Consumer Technology Association" (CTA®). Et naturellement, le salon s'appuie sur ses "locomotives". Avec, dans l'exposition, les grands, voire immenses stands des groupes industriels majeurs. Ceux qui ont bien failli faire défaut à certains événements de portée mondiale, à cause des coûts trop élevés de ces grandes fééries, la période COVID ayant beaucoup servi d'alibi pour s'en retirer sur la pointe des pieds. (Certains salons majeurs ont d'ailleurs succombé face à cette double adversité des coûts et des menaces virales.) Comme dans la préparation d'une mayonnaise qui ne s'effondre pas au fond du bol, il faut toutefois un autre moteur. Ici, celui du mixeur est remplacé par la farandole des interventions de dirigeants, les incontournables "Keynotes", en ouverture ou même préambule des jours de l'exposition réelle. Largement conviée, la presse couvre fort bien ces moments, où abondent des éléments, phrases, citations, démonstrations, grandiloquence et lyrisme au rendez-vous des images de marques, ou même de l'aura de certains intervenants. Ainsi, avec ces moments où l'absence risque de coûter plus cher que la présence, les tréteaux, crédences et présentoirs deviennent les fondations d'un moment monumental s'élevant très haut dans un ciel d'où viendra la pluie des retombées. Ne nous y trompons pas, certains de ces intervenants n'oublient pas leur propre image, voire leur plan de carrière. Grâce à cette trilogie d'un tiers état exposant pour travailler, de grandes figures pour se mettre au show et d'orateurs ténors et décisionnaires brillant sous les lumières, la charpente de l'événement est bâtie. Et hop...! Toutefois, d'édition en édition, sa teneur est devenue moins croustillante. Les rendez-vous des deux prochains millésimes sont déjà bloqués. Puisse faire que les contenus ne le soient pas trop, afin d'éviter que doucement la fête ressemble de plus en plus à un Ouest terne.

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Tag(s) : #- SALONS, #- REVELATEUR, #- PARADOXES IRRITANTS, #- A LA UNE
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