
La non dépendance énergétique a bien été la raison de leur déploiement, et non le projet de KW/H à bas prix..
Le camp du numérique dit "pollueur" (lire ou relire ici) a bien le droit de rectifier quand des intervenants sur des médias argumentent d'une manière erronée. C'est ce que DVSM fait ici. Si le nucléaire français a pris sa source au cœur des années 50, c'est dans les années 70 que la décision de le développer fortement a été prise. "Pour permettre aux consommateurs d'avoir une énergie bon marché" expliquent de temps à autres des commentateurs qui sont peut-être trop jeunes pour avoir connu cette période.
Car cette explication est fondamentalement fausse. Lors de la première crise pétrolière (1973-1974) puis de la seconde (à partir de 1976), l'Occident a connu une pénurie sévère qui a conduit les autorités à imposer par voie réglementaire des limites strictes de consommation. En France, l'arrêt des programmes télévisés à 23 heures, l'extinction des vitrines et enseignes à cette même heure, et quelques autres mesures ont mis en évidence une réalité qui sonne encore à travers un slogan connu : "on n'a pas de pétrole, mais on a des idées". (D'autres pays européens en étaient arrivés à interdire toute circulation automobile durant les week-ends). Pour les idées (surtout les bonnes), ça se discute, pour l'huile de roche, c'est indiscutable.
Notre pays –et ses dirigeants- ont alors fait le constat simple : sans de bonnes réserves de ressources fossiles, en cas de souci encore plus prononcé, de nombreuses fonctions vitales se trouveraient paralysées. C'est donc bien pour disposer d'une énergie "propriétaire" que les centrales ont été multipliées, et non pour des raisons de coûts. Le prix de l'électricité a toutefois été "administré", et maintenu bas, durant toute une période (il ne l'est plus depuis longtemps) pour que le parc soit effectivement utilisé, et pour une raison évidente : la non dépendance ne pouvait devenir concrète et efficace qu'à la condition de voir le plus possible d'individus et d'entreprises l'utiliser.
Il est aussi à noter que la notion d'indépendance avec le nucléaire est très différente de ce qu'elle est avec le pétrole ou le charbon. L'uranium indispensable aux réacteurs n'entre que pour une faible part dans la production d'électricité (entre 5 et 10%) alors que la proportion dépasse 80% avec les autres énergies. L'Hexagone disposerait, selon certains spécialistes, de réserves d'uranium non exploitées. Mais surtout, ce que soulignent ces spécialistes avec une certaine pudeur dans leurs propos est que les réserves d'uranium sont sur le globe situées dans des régions où les risques géopolitiques n'ont rien de commun avec ce que nous connaissons notamment au Proche Orient.
/image%2F1844442%2F20150915%2Fob_cb0234_carre-intro.jpg)