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Jour après jour, de petits détails en événements plus significatifs, il est devenu clair que les industries du Vieux Continent se retrouvent face à des défis qui étaient anticipables mais que beaucoup ne voulaient pas voir.
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- DVSM, 29 mai 2026. Que peuvent apporter les leçons du passé...? Rien, surtout lorsqu'on les ignore. Dans un numéro de l'excellent magazine Gazoline*, consacré à l'automobile ancienne, l'Historien et Prof. universitaire Jean-Louis Loubet raconte comment, en 1959, un intervenant dans la vente de véhicules français en Californie s'aperçoit d'une réalité toute crue du commerce international. Tous les coups, à défaut d'être permis, y surgissent à tout moment. En la circonstance, une étrange perturbation avait entraîné la chute brutale et vertigineuse des ventes de 403 Peugeot. L'origine fut finalement identifiée. Tout simple.! Un grossiste de Hong-Kong, ayant acquis au Japon des séries de ces modèles venus de Sochaux, les avait proposés à des conditions plus que concurrentielles sur la côte Ouest de l'océan, puisque par cette filière imprévue, non soumises ainsi à certaines taxes. Et Hop...! Moins 30%...! Ce au nez et à la barbe des cheminements réguliers et bien organisés. (Cette anecdote n'est pas à rapprocher des déboires de Renault en Amérique, une autre histoire, face à une Coccinelle qui y a vécu une véritable explosion). Avant la guerre de 39-45, à Anvers, grand port belge (à l'époque n°5 mondial), des navires japonais sont déchargés de milliers de bicyclettes. "Ils sont ensuite revendus au kilo...!" racontait un intervenant en charge du suivi dans ces opérations portuaires, et donc témoin direct et fiable d'un spectacle auquel des quantités de badauds pouvaient assister. Le port de cette magnifique ville flamande étant à cette époque** situé à seulement quelques centaines de pas de son Hôtel de Ville et de sa cathédrale, et de plus, avec des promenoirs et même des terrasses pour regarder l'activité plus confortablement.
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De ces deux évocations doivent être retenus que : d'une part, pays (peuples) et habitudes ne peuvent jamais être considérés comme irréversibles, et d'autre part, qu'en toutes circonstances, le monde reste le... vaste monde. Les produits japonais furent jadis catalogués comme seulement bon marché, tout juste de la camelote à bas prix. Comme ceux d'autres origines d'Extrême Orient, Corée du Sud, Taiwan, et même Chine. Les entrepreneurs de ces nations sont pourtant ceux qui ont conquis les marchés mondiaux de l'électronique grand public, des équipements de télécommunication, et de quelques segments majeurs de l'économie numérique. Le bilan a été la disparition totale des industriels de l'EGP en Europe comme outre-Atlantique***, seuls ayant réussi à maintenir ceux ayant une maîtrise des aspects logiciels (sans se passer de la technique asiatique) et les acteurs de créneaux plus confidentiels, comme la très haute fidélité musicale, par exemple.
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-Stand BYD, au Salon de l'Automobile de Pékin - 2026 -
L'automobile est probablement dans une évolution du même genre. Pour ne pas aller jusqu'à oser parler d'un même péril. Et pourtant... Localement, s'organisent, ou prennent racines des débats, voire des conflits. Pour ou contre l'électrique, par exemple. Ou interdire certains véhicules d'une utilisation citadine. Avec force interventions des pressions d'acteurs politiques, peu glorieuses et à la limite très préjudiciables car largement engluées dans des circonvolutions sans rapport avec le vrai sujet. Ce qui, de loin (de Pékin, par exemple), se traduit fort simplement. Seulement en France, d'ici 10 à 15 ans, au moins 30 à 40 millions de véhicules seront à remplacer. Perspective qu'il convient de considérer à l'échelon de l'Europe...! Comme les commerçants astucieux qui avaient compris qu'il y avait des Peugeot 403 à vendre sur la côte Ouest, quitte à sauter à pieds joints quelques menues contraintes administratives ou autres pour devenir concurrentiel, certains ont bien cerné les cibles et s'organisent pour les conquérir. Comme ces Japonais ou ces Chinois, traditionnellement considérés comme des fabricants de camelote sans importance, ceux de l'automobile ont de bonnes chances de devenir au moins aussi performants et aussi attractifs que les meilleurs producteurs occidentaux (donc essentiellement allemands), voire supérieurs. Chacun sait que les puissants de l'automobile d'outre-Rhin traversent des moments difficiles. En France, Stellantis commence à partager (sous une direction plutôt saveur italienne, ma..., et pas forcément mal inspirée) des morceaux d'équipements de production (et clair, des usines) à des partenaires... chinois (qui se rappelle des "usines tournevis" de l'épopée de la hi-fi et du magnétoscope...?), et semble décidé à démanteler le site historique de Poissy. Renault est sur des considérations pas si éloignées, tandis que de Wolsburg à Munich, les stratégies sont plus difficiles à décrypter. Alors que les cris d'alarme de certains grands intervenants du secteur automobile y étaient déjà très audible depuis plusieurs saisons... Est-il encore temps...?
* Gazoline, n° 293, novembre 2021, Editions Larivière.
** Des installations portuaires d'ampleur qui ont désormais pris place à l'extérieur de la ville.
*** Des entreprises américaines "historiques" ont été reprises avec plus ou mois de bonheur, comme par exemple Zenith, qui fut absorbée par LG.
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