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L'irruption de l'électricité dans l'univers de l'automobile engendre des influences inattendues, mais aussi réelles que terribles pour la production. Rien ne sera jamais plus comme avant.
- DVSM, 4 septembre 2025. Si l'industrie et ses canaux de distribution constituent les appuis essentiels d'un marché, celui-ci est malgré tout totalement dépendant de sa clientèle, de ce qui la fait accélérer ou ralentir dans ses acquisitions. Au moment présent, des questions vitales se posent au sein de groupes majeurs, qui sont loin de ne dépendre que de l'entrée en lice de concurrents redoutables -dont chinois, pour l'heure-, ou des directives hésitantes relatives aux changements énergétiques. Il n'a échappé à aucun observateur, même totalement profane, que la perspective de l'électricité a propulsé dans des attitudes au minimum attentistes bien des utilisateurs. Les résultats de ce comportement se lisent dans deux repères, l'âge moyen du parc (en France, et au-delà de nombreuses frontières) qui s'allonge, et le quasi flop de l'électrique*, pour l'heure, puisque sur les presque 40 millions de véhicules sur le sol français, à peine plus de 2 millions d'électriques y sont dénombrés. Evitons les querelles de chiffres. Dix ans après les premières salves de ce véhicule électrisé, même si le nombre était deux ou trois fois supérieur, le diagnostic serait le même. Et il engendre un phénomène peu commenté, et pourtant bien réel.
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L'automobiliste vient de réaliser que sa voiture était capable de le satisfaire bien plus longtemps qu'il ne le croyait. Une auto frisant les 100.000 kilomètres parcourus était ainsi considérée comme en quasi fin de carrière, bonne à remplacer ("un fort kilométrage" s'entendait dire tout candidat au remplacement par un vendeur attaquant le délicat sujet de la reprise). Mais en différant désormais l'acquisition d'une thermique, ou d'une hybride, ou d'une totalement électrique, cet usager s'est aperçu qu'à 200.000, 250.000 kilomètres franchis, voire plus, tout continue à fonctionner correctement, au prix seulement d'un entretien assez méticuleux. D'ailleurs, les espaces de VO (véhicules d'occasion) sont largement occupées par des modèles affichant des kilométrages qui n'effraient plus personne. "Pour le moment je la garde" est devenu un propos commun, qui se nourrit d'une considération sonnante et trébuchante supplémentaire qui pèse dans les esprits. Finalement âgée, l'auto n'a "grâce" à cela plus rien de cette valeur aussi baptisée la "cote". En prolongeant son utilisation, son possesseur se conforte en réalisant qu'il ne perd plus rien. On ne peut rien ôter de la valeur zéro... Hélas, pour ce marché et son industrie, la conséquence est diabolique.
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Et la mode dans tout ça...? Pardon de faire appel à une arithmétique particulièrement simpliste. Si un utilisateur en est arrivé à utiliser sa confortable berline ou son moyen, voire petit SUV, deux fois plus longtemps qu'auparavant, l'industrie ne lui vendra désormais que deux fois moins d'unités. Ce qui pulvérise une autre arme commerciale, l'effet de mode. Longtemps restée un instrument de positionnement social, l'automobile sort de cette aptitude à une séduction cadencée. Hier un peu vexé de ne pas piloter un modèle dernier cri, l'utilisateur s'extirpe de cette contrainte d'image. Et voilà que la voiture particulière échappe à ce qui fonctionne encore pour le vêtement, le chaussant, ce passage d'hier à aujourd'hui, en organisant déjà celui du lendemain. Un phénomène qui risque de durer, ne serait-ce qu'à cause de cette incertitude stupidement prolongée entre électrique et thermique. Est-ce que ce tableau peut expliquer le départ récent du patron d'un grand groupe bien de chez nous, préférant l'univers du luxe plus rassurant*.? Il va en effet falloir des épaules larges et des échines solides pour assumer les tâches de CEO, Président, DG et autres "grands patrons" dans un créneau où, inéluctablement, à un terme de moins en moins éloigné, il y aura à assumer des décisions lourdes de conséquences.
* "Flop".? Audacieux, ce commentaire.? Presque incorrect, mais pourtant, objectivement, en dépit de tout ce qui a été initié, promu, aidé, la conviction côté consommateurs n'est pas réellement passée. Et que dire des utilisateurs "électrifiés" qui finalement reviennent au gazole.? Il y en a, plus qu'on ne l'imagine.
** Luca de Meo, patron de Renault, parti cet été chez Kering.
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