Voilà bien une vision intéressante sur les rapports de force entre industriels, et en particulier les "pure players" et les grands de la multi-production. Samsung a une chance, celle d'être un conglomérat qui intègre de nombreuses activités, chimie, énergie, composants, équipements numériques grand public, etc... Un ensemble qui non seulement permet à ce groupe coréen de battre la cadence sur bien des marchés, mais aussi "d'éponger" les coûts de diverses aventures ou mésaventures.
L'accident du Galaxy Note 7
Deux réactions peuvent se justifier. La première est "pas de chance". Devoir interrompre une montée en puissance sur un produit qui s'annonçait prometteur parce que des batteries explosent est un pépin aussi terrible qu'imparable. Le géant coréen va sans doute se retourner contre un possible fournisseur, lequel a peut-être commis une erreur en fabrication, ou éventuellement osé des initiatives pour répondre à un cout imposé. Car il y a des batterie Li-Ion qui fonctionnent. C'est à ce niveau qu'intervient la seconde réaction possible. Est-il raisonnable d'insister avec ces Li-Ion qui, si elles donnent toute satisfaction dans certaines utilisations, posent par ailleurs de sérieux problèmes récurrents ? L'insistance sur cette formule tend à démontrer qu'il n'y en a pas d'autre opérationnelle pour le moment. Le regard porté ici sur les stratégies de Samsung se placent pourtant dans une autre optique.
Succès manqués, créneaux abandonnés
Ainsi, son approche de l'impression professionnelle n'a pas apporté les résultats espérés. La firme vient de dire "stop". La même grande entreprise avait aussi mis un terme à ses ambitions dans la photo. Repli tactique : le temps de regrouper des activités séparées juridiquement et le préssentiment (justifié) que la photo numérique filait un mauvais coton : désengagement ! Elle a vigioureusement poussé la 3D, un flop abandonné par tous et donc, par Samsung aussi. Pour la réalité virtuelle, on avance, et on verra bien. Voulant absolument contrer Apple sur les smartphones tout en désintégrant Nokia, elle a fait une courte échelle planétaire à Android, système d'exploitation qui lui revient comme un boomerang dans sa profitabilité, l'obligeant à croiser le fer avec les moins chers des plus low-cost du globe. Et en haut de gamme, c'est comme-ci comme-ça, avec des batteries qui explosent après des modèles qui ont connu des succès très mitigés et quelques notes salées d'avocats pour se défendre contre des acteurs qui estimaient avoir été plagiés. Autant de péripéties qui n'auraient sans doute pas conduit des "mono-cultures" ailleurs que dans le décor. Comme l'affirment les militaires : à quoi cela sert-il d'être puissant ? Cela sert à s'en servir !
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