Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le "cas" Canal : tout repenser ou presque !

Pas facile d'entrer dans une ère aussi nouvelle pour un groupe déjà vétéran du PAF…

Depuis l'arrivée du Groupe Bolloré, l'actualité autour de Canal est à la fois effervescente et contrastée. Comment pouvait-il en être autrement ? Maintenir l'essentiel de ce que furent les axes du groupe aurait pu l'entraîner sur une trajectoire particulièrement risquée. Ce qui ne veut pas dire que les virages annoncés soient en mesure de garantir une suite sans écueil. Cela est d'autant plus réel que l'univers dans lequel évolue l'acteur d'Issy-les-Moulineaux comme ses concurrents.

L'art d'être un pionnier

Lorsque Canal+, chaîne cryptée, a été lancée il y a plus de trois décennies, celle-ci arrivait dans un univers digne de la préhistoire télévisuelle. Elle constituait seulement le quatrième programme accessible, et encore, contre abonnement. Mais elle constituait une sorte de bouffée d'air frais nourrissant l'idée qu'un vaste espace finirait par s'ouvrir à tous. Et quand, quelques années plus tard, Canal a lancé son bouquet diffusé par satellite, le groupe apportait au consommateur LA solution pour tout ménage de disposer d'une abondance de spectacles. "Tout ménage" est cependant un peu excessif. Car le bouquet et encore plus la chaîne supposaient une certaine aisance de la part de ceux qui s'abonnaient. D'où un positionnement plutôt CSP élevé.

Nous n'en sommes plus là. TNT, satellite, Net et autres plates-formes alimentent aujourd'hui une avalanche de contenus que nul ne peut consommer ni en totalité, ni même en forte proportion. Car une chose n'a pas changé depuis le premier soir de diffusion de Canal : la soirée après le repas du soir dure toujours de deux à trois heures, pour l'immense majorité. De quoi voir un film, une rencontre de foot, une ou deux séries, une émission de variétés ou un divertissement. Après, au lit, dodo, car demain, on travaille et les enfants vont à l'école. Canal est né et a grandi dans le vide, son futur est d'exister dans le trop plein.

Le groupe a-t-il manqué une révolution ?

Oui, sans doute, et c'est perdu pour toujours. L'entité Canal était le symbole et le synonyme de l'accès le plus moderne qui soit à "de la télévision". Il y a quelques saisons, Canal aurait gagné des points (à défaut de la partie) en poursuivant sur cette ligne, et en donnant, par exemple, des possibilités d'accès plus ponctuelles (voir un match ou un film sans avoir à s'abonner pour l'année, par exemple). Nous avions même eu l'audace d'évoquer quelques fragments de cette stratégie aux plus hauts responsables du groupe, dont Maxime Saada. Mais la presse spécialisée n'y connaît rien. Oublions, oubliez, restons sérieux.

La preuve était en revanche établie que l'inéluctable avenir des contenus numériques n'étaient pas encore perçus autrement que d'une manière floue. Dommage. L'arrivée des nouveaux modes d'accès, du catch-up à la SVOD en passant par la VOD n'a pour sa part pas été différée. Les initiatives individuelles lancées de-ci de-là risquent fort désormais de se voir emportées par l'inéluctable mouvement de rationalisation qui suivra la riche floraison actuelle des Netflix et concurrents. Comme rien n'est dissocié dans ce panorama, les programmes semblent avoir aussi franchi un seuil de génération. D'où les turbulences du "Grand Journal" et de moments que jadis, on ne voyait… nulle part ailleurs, mais qui sont à présent face à une concurrence fort active. Les défis sont multiples, pour un groupe qui s'est donné l'image d'un précurseur et aura beaucoup à faire pour redevenir le détenteur de l'initiative.

Tag(s) : #- TV-Radios-Medias-Net

Partager cet article

Repost 0