/image%2F1844442%2F20261006%2Fob_b70bb8_aaf-auto-moteur-gros-plan-isuzu.jpg)
L'homo sapiens est utilement doté de cinq sens. En occulter un seul revient à se priver d'atouts éventuellement vendeurs. C'est l'un des lourds handicaps que trimbalent des créations de la génération dite "high tech"...
-
---DVSM---
-
- DVSM, 6 octobre 2026. Quand on voit ce que l'on voit, on a sûrement raison de ne pas croire à ce que l'on ne voit pas. Chacun imagine probablement qu'il va être question d'automobile. Un peu, mais pas uniquement. Et de loin, et pas tout de suite. Parmi les innombrables émergences marquantes des cinq à six décennies écoulées, figure celle de la montre. Electronique, numérique, pluie d'adjectifs pour celle qui semblait encore un peu plus enterrer Lip...! Au poignet, devant être "remontée" chaque soir pour ne pas risquer que soit perdue l'heure juste, la voilà soudain convertie à un affichage par des chiffres. Fascinante, mais déjà porteuse d'une certaine nostalgie. Car bien que dissimulées dans leurs boîtiers fermés, à l'abri des poussières et de l'eau si étanches, celles que des communiants recevaient en cadeau, celles dont les anciens d'avant-hier sortaient le gousset d'une profonde poche, s'activaient des mécaniques si fines et si complexes qu'elles en étaient devenues précieuses. Ou plus banalement spectaculaire lorsqu'un bon vieux réveil matin, un incontournable Jaz par exemple, laissait dans quelque circonstance inhabituelle apparaître son intimité mécanique. Cette mécanique, bien avant l'ère du processeur et de l'IA, avait été capable, grâce à la virtuosité de ses concepteurs, d'assumer des fonctions quasi acrobatiques. Celle des chefs de gares, du genre à gousset, et bien d'avant le courant électrique, pouvaient sonner les heures, alors que d'autres n'étaient pas privées de montrer dates, jours, mois... Des mécaniques aussi œuvres d'art dont des cousines et autres "développements" -terme très à la mode- sont allées jusqu'à donner vie à d'impressionnants automates et qui ne pouvaient que féconder d'immenses passions. De la mécanique...
/image%2F1844442%2F20261006%2Fob_435a77_aaf-ambiance-montre-gousset.jpg)
C'est un peu ce qui va rendre nostalgiques les inconditionnels de l'auto, pour ne pas dire "de la bagnole". Dont la mécanique est elle-même un pôle majeur de fascination. On la voit, on l'entend, on la sent, on l'ausculte d'une main, sa ligne étant d'un bon ou moins bon goût. Les cinq sens...! L'électrique occulte tout cela, non sans avoir aussi ses charmes. Pourtant, peut-on comprendre que l'individu, doté de ses sens et aussi de sa mémoire, de ses aptitudes à nourrir de tendres et passionnelles affections, puisse fondre pour ce qui relève de l'avancement par le piston comme la jolie demoiselle à la vue d'un charmant interlocuteur...? Pas question d'entrer ici dans le dédale des mille choses qui émoustillent ceux que l'auto dite thermique a conquis pour la vie. D'autant plus que ces choses ne sont pas que des cliquetis, des gazouillis, des ritournelles de ventilateurs ou de la rumba d'arbres à cames. Tout ce qui peut se voir peut émouvoir. Quand l'heure des "early adopters" des chevaux-wattheures sera franchie (nous n'y sommes pas encore), il faudra tenir compte, ne serait-ce que dans tout travail de marketing, de cet attachement au perceptible que l'univers des électrons fait disparaître.
-
/image%2F1844442%2F20150915%2Fob_cb0234_carre-intro.jpg)