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Les sensations peuvent être trompeuses. Peu courant, l'enchaînement de phases de forte chaleur vécues en cet été 2026 n'est pourtant pas aussi exceptionnel que ne le laissent supposer certaines analyses. Souvenirs et mémoire...
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- DVSM, 14 août 2026. Entre paradis et enfer, la différence se résume trop sommairement à la température. En régions dites tempérées, comme là où est installé l'Hexagone, ranger notre planète dans la famille des terres réputées hospitalières est instinctive. Et parfois un peu exagérée. Les excès, les variations, les colères sont légion, ici comme ailleurs. Et le côté hospitalier est à nuancer, au Pôle Nord, au Pôle Sud, au cœur du Sahara, du désert de Gobi, à Pompéi quand un assez proche sommet crache son cuisant nuage. Ou encore quand, comme en 1782-1783, le Laki, un certain islandais, pulvérise volcaniquement ses cendres rendant mortelles certaines de ses retombées sur un bonne part de l'Europe du Nord et occidentale. Depuis quelques semaines, notre confortable coin de continent, en général si paisible, est entré dans la fièvre. Une belle occasion pour les innombrables combattants et exploiteurs du réchauffement de multiplier l'emploi de tous les superlatifs possibles (et vendeurs...). Comprenons-nous...
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Qu'une phase de réchauffement soit observée et constatée ne laisse place à aucun doute. Les observations scientifiques les plus rigoureuses le démontrent. Que cette phase soit attribuable uniquement à l'action humaine suppose davantage de réserves. Et que les débordements thermométriques d'une saison puissent suffire à prédire ce que seront les suivantes, dans un an, dix ans, cent ans... Audace...!* Sans revenir sur les nombreuses mentions historiques de variations survenues au fil des siècles (siècles extrêmement récents, l'anthropocène n'étant lui-même qu'un bref instant dans les 4,5 milliards d'années estimés d'âge de notre lieu d'hébergement), observons que d'autres moments chauds d'hier imposent un certain recul dans des diagnostiques vite bâclés. Le quotidien Le Parisien consacrait hier un sujet à l'un d'eux, connu sous le résumé de "Canicule de 1911"**. Ce coup de chaud de la Belle Epoque fut largement plus marquant que celui vécu à l'heure présente. Alors que 5 phases de 5 à 6 jours chacune viennent à présent d'être subies, soit près d'une trentaine de jours à transpirer, (moins de 20 retenus officiellement, et à peu d'heures près similaire à 2003, sans toutefois tenir compte de la sécheresse) on avait supporté au début du XXème siècle pas moins de 70 jours de cette atmosphère intenable. Une époque où l'usage des hydrocarbures était embryonnaire, l'automobile en modeste gestation, l'activité aérienne commerciale seulement et modestement expérimentale. Ce rappel ne constitue surtout pas une incitation à utiliser à outrance ce qui perturbe l'atmosphère, pas plus qu'à laisser traîner des canettes vides dans des bas-côtés mal tondus, au risque de les voir s'embraser. En résumé, un peu d'humilité face à des phénomènes qui, homme ou pas, n'ont jamais fait de notre globe et de ce qui l'entoure un mécanisme réglé comme en vertu d'une normalisation résumée par quelques piles d'imprimés Cerfa.
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Il reste une angoissante question.: et si, soudain, dans son évolution constante depuis des milliards d'années, l'équilibre précaire l'ayant rendu plutôt confortable, notre monde devenait moins ou pas du tout "hospitalier", comme tous les autres corps célestes du système solaire, réputés inhabitables...? Chef, qu'est-ce qu'on ferait, chef...?
* Et même, sacrée supercherie, peu tolérable, quand cette audace sert à nourrir des appétits politiques, mercantiles, et autres basses attitudes agrémentées de thèses destructrices de nos économies, voire davantage...
** L'auteur de ces lignes y avait fait allusion il y a déjà plusieurs semaines sur certains réseaux sociaux...
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