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Le commerce, "avant", n'était que physique, ou presque. Ce n'est plus le cas, irréversiblement. Et face à tout ce qui est en ligne, l'art et le savoir-faire dans les méthodes et ficelles faisant venir les clients se sont estompés.
---DVSM---
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- DVSM, 5 mai 2026. Tous ne mouraient pas, mais tous étaient contaminés. Cette observation entendue lors de bien des épidémies pourrait-elle dans un futur plus ou moins proche s'appliquer à cette famille du commerce dit "physique".? Une simple énumération d'acteurs de la distribution, "célébrités" d'un passé plus ou moins récent ayant disparu, souligne qu'il devient essentiel de se convaincre de cette possible réalité. Néanmoins, les créations d'une certaine époque ayant éliminé des figures majeures dans un mouvement perpétuel de renouvellement traduisaient des transformations finalement quasi routinières, contenues dans une classique "roue qui tourne", celle des nouveaux entrants venant prendre le relais des anciens.
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Ce mécanisme de renouvellement quasi générationnel -et naturel- se prolonge. Après des disparitions telles que celle, parmi beaucoup d'autres, de la Samaritaine (Paris), l'émotion grimpe à présent pour de la récente mise en redressement judiciaire de la librairie Gibert (photo). Des cohortes de boomers franciliens y sont venus jadis, listes de livres à acheter, neufs ou d'occasions, à chaque rentrée au lycée ou au collège. Ces deux seuls exemples suffisent, dans la capitale comme ailleurs, à mettre en lumière des causes multiples se plaçant à l'origine de ces éliminations et des innombrables autres vécues au fil des décennies. Ce qui, finalement, n'est que la perpétuelle vie du commerce, ne cessant d'évoluer, de se renouveler. Des structures urbaines, des gammes de produits naissant puis disparaissant (dont les produits dits de trafic, consommables, softs...), des initiatives, des réussites et des échecs, des créateurs fondateurs qui disparaissent, des structures démographiques qui se transforment, et même les effets de concurrences aussi sauvages que stupides, la palette des causes de disparition n'a pas de limite. Il n'en reste pas moins que de nouveaux ingrédients, historiquement totalement nouveaux, à l'échelon planétaire, se sont invités dans cet ouragan perpétuel.
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"On-Line", le terme est lâché. Pourtant, résumer le péril qui sourd sur le volet physique de la distribution, consécutif à l'apparition des télécommunications numériques connectées à grande échelle, serait aller trop vite en besogne. Et surtout, oublier totalement que cette donne nouvelle se mêle à toutes les autres évolutions de la vie économique, consommatrice et quotidienne des populations. Prenons, juste pour l'exemple et en simplifiant, le marché de la chaussure (où quelques enseignes ont plus que vacillé au fil des années). Si les habitudes sur des souliers classiques rendaient difficilement remplaçables la recherche et surtout l'essai, en vrai, dans un magasin, de la paire idéale, l'usage devenu colossal de ce qui se résume par "les baskets" rend tellement plus commode, une fois modèle choisi et taille identifiée, l'achat et le renouvellement via une enseigne "on line". Les points de vente bien concrets ont, pour de nombreuses familles de produits, répondu à cette tendance par une arme qui ressemble à s'y méprendre à un instrument de suicide par le plaisir.: le drive. Certes, grâce à lui, l'enseigne vend encore au chaland. Lequel n'a plus ni besoin, ni envie, (surtout.!) d'entrer là où les linéaires brillent.
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Déjà évoqué sur ces pages, les enseignes en ligne ont aussi, dans les spécialités, la particularité de proposer ce que trop souvent, ce chaland ne trouve pas dans son magasin. Bricolage, jardinage, sport, jouets, accessoires et pièces auto, vélo, moto, loisirs comme ceux dont parle KELEREPUS ("avec de la technique dedans"), allant même jusqu'à certains médicaments, etc. Des éléments qui, ensemble, nourrissent un peu plus chaque jour un réflexe consistant en première approche à "déjà voir en ligne ce que l'on trouve"...
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Un panorama dans lequel les managers des réseaux "classiques", de surcroît, semblent avoir perdu les méthodes qui permettaient de construire, chaque jour, la génération de trafics. Les promos, les promos, les promos... Rien d'autre...? Imagination et savoir faire à l'heure de la panne sèche...? Tout cela dans un contexte où l'on commence à se demander que faire de surfaces (qui d'ailleurs, de-ci de-là, se réduisent) alors que les animer deviendrait plus impératif que jamais. Mais aussi, s'avère plus compliqué. Et le moyen terme pourrait s'avérer plus redoutable encore. Tout simplement parce que cette volumineuse génération des "boomers", encore assez bien attachée aux vertus du "voir et toucher pour choisir", et aux charmes de "l'achat d'impulsion" (shopping, lèche-vitrines, fièvre acheteuse...) est sur une mauvaise pente.
Une part essentielle de cette renaissance d'un trafic magasin ne peut reposer que sur la motivation, l'envie communiquée au chaland de venir physiquement, et pas seulement la nécessité. Ce qui est une tâche compliquée, ne pouvant pas reposer que sur des prix bas ou des initiatives élaborées sur un "coin de table"...
Cette mauvaise passe est aussi -et surtout- celle du temps qui passe et fait que tout locataire de cette planète un jour trépasse. Les experts démographes et les redoutables gestionnaires du quotidien économique savent que dans une décennie, nombre de ces boomers ne seront plus là. Chouette, cela fera autant de retraites à ne plus payer... se réjouissent certains.! Mais qui viendra alors encore dans les magasins, alors qu'une génération totalement rompue aux usages numériques connectés va dès lors devenir dominante.? Celle qui, de surcroît, met dans un face à face concurrentiel en temps réel le point de vente du coin de la rue et son concurrent qui agit au cœur du territoire chinois...? Bien sûr, pas question de prophétiser ici la disparition de tout le commerce physique. Mais en revanche, et hors proximité et quotidienneté, les plus puissantes vagues capables de redessiner le paysage n'ont probablement pas encore déferlé...
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