/image%2F1844442%2F20250817%2Fob_ca038c_aaf-centreville-phramacie-facade-fondn.jpg)
Le nouveau siècle, déjà bien amorcé, adopte des usages de plus en plus différents de ce que furent ceux "d'avant". Même pour protester, râler, refouler l'inacceptable, les méthodes doivent changer. Grèves incluses.
-
---DVSM---
-
- DVSM, 17 août 2025. Attention aux revers de manies vieilles, trop vieilles... Selon des pointages sérieux récupérés en quasi temps réel, il semble que la grève des pharmacies ait été assez peu suivie en ce samedi 16 août. Une estimation tout à fait sérieuse tournerait autour de 20 à 25% d'établissements grévistes, à prendre quand même avec quelques pincettes, puisque organisé un samedi, jour où hors des très grandes agglomérations et des zones commerciales bien actives, des milliers d'officines sont de toute façon fermées l'après-midi. Il semble, pour être "large", qu'au moins 70% des enseignes à croix verte soient bel et bien restées au service de leur clientèle. Pour un syndicat organisateur, ce n'est pas un succès. Et c'est heureux. Car même si les mesures annoncées en hauts lieux pour certains médicaments (génériques) sont intégralement inacceptables, punir durant une journée les clients de ces établissements revient à sanctionner des personnes qui ne sont pour rien dans les mesures annoncées, et surtout, n'ont strictement aucun moyen qui leur permettrait de les corriger. C'est d'ailleurs souvent le cas pour les grèves. Comme par exemple celles des chemins de fer.: les voyageurs bloqués sur les quais n'ont aucun outil pour résoudre des différends entre cheminots et directions des opérateurs du rail. Dans cette initiative suivie par certaines pharmacies, le remède est pire que le mal. Non seulement les fidèles d'une officine (c'est le noyau dur du fonctionnement de celle-ci, même si son CA se compose surtout de ses autres produits de parapharmacie et de "para-un-peu-tout"), les "patients" viennent avec un atout majeur, la confiance. Qui ne peut que se dégrader, et se retourner contre l'entité choisissant l'arrêt protestataire du service rendu à ses clients. (L'image des cheminots, dans ce sens, n'est plus ce qu'elle aurait pu être jadis, même quand des grèves lourdes étaient organisées). Qu'on le veuille ou non, les temps ont changé. Tout individu sait que, victime de certaines revendication, il n'est lui-même que la victime collatérale d'un problème dont il n'a ni la solution, ni même l'énoncé. Et il sait se souvenir des dommages qu'il a subi sans disposer de quoi répondre. Pour la pharmacie, sens large, qui semble ne pas mesurer le virage qui l'attend, cette évolution est numérique, à distance. Au moment où l'on sait livrer dans le quart d'heure une pizza chaude, apporter là où il le faut un médicament, même avec ordonnance, est une idée qui fera (et fait déjà) son chemin, d'autant plus rapidement qu'un éventuel "grève après grève" la soutiendra. On ne récolte jamais que ce que l'on sème.
/image%2F1844442%2F20250817%2Fob_403356_aaf-ambiance-sante-medicaments-gelules.jpg)
ESSENTIEL, il ne faudrait surtout pas, (c'est le risque qu'entraîne un mouvement de grève de ce genre) que dans la tourmente, la pharmacie, au sens large, soit critiquée, mal vue, alors qu'elle n'est que la victime d'un système qui l'a doucement prise dans un piège épouvantable. Le pharmacien (ou pharmacienne), est un professionnel de santé hautement qualifié, qui a fait de sérieuses études, et obtenu un titre qui, seul, lui confère le droit de tenir une officine, s'est doucement trouvé conduit dans un modèle économique qui, au médicament, doit s'ajouter une part de commerce plus large, indispensable pour assurer la vie économique (magasin, équipe, charges sociales, locales et autres) dans un cadre de vie actif, centre ville ou zone commerciale. Il en est d'ailleurs l'un des éléments de la viabilité, la sienne et celle des autres. La commercialité, au sens juridique du terme, décroît si l'officine disparaît, ou n'est pas accessible selon les mêmes amplitudes horaires que le reste du tissu commercial local. Il ne faut donc surtout pas confondre une initiative de protestation au mieux maladroite et les raisons d'un mécontentement traduisant une captivité qui risque de s'avérer mortifère sans un retour à une considération à la hauteur du rôle qu'ont ces maillons tant de la santé de tous et des mécanismes du commerce.
/image%2F1844442%2F20241119%2Fob_6711e3_aaf-abase-0-annonces.jpg)
- Réagir : dvsm.redaction@orange.fr
/image%2F1844442%2F20150915%2Fob_cb0234_carre-intro.jpg)