DANS LE DOMAINE DES TÉLÉVISEURS, SI LE DUEL LCD-OLED SE CONFIRME, LA DÉRIVE DES CONTINENTS DEVIENT ÉCLATANTE...
TCL vient d'être récompensé. Son téléviseur Xclusive X1 est couronné pour son potentiel innovant. C'est une sympathique sanction pour un groupe qui fête justement ses 35 ans. Un bref calcul mental nous rappelle que cette firme chinoise a pris son envol à l'orée des années 80, alors que les firmes japonaises commençaient à peine à préoccuper les dirigeants des entreprises européennes, lesquels avaient encore du mal à croire à une submersion imminente, alors qu'il était déjà trop tard pour réagir.
Ce beau produit, incurvé, ultra fin, qui exploite un écran LCD de 65 pouces, naturellement avec un rétro-éclairage à LED (à vendre moins de 4.000 euros), a superbement émerveillé ceux qui l'ont vu. Au point qu'il pourrait bien avoir fait passer au second plan une importante initiative stratégique du groupe : TCL devrait désormais déployer ses plus belles créations sous sa marque bien à lui (et moins sous celles qu'il exploite sous licence, dont Thomson).
Les premiers seront les derniers.
Comme il y a 35 ans avec l'industrie nippone, son homologue de l'Empire du milieu a doucement mais sûrement semé ses petits cailloux en occident. TPV, ce n'est pas un scoop, poursuit sa stratégie en exploitant la marque Philips et ses bons vieux atouts, dont l'Ambilight, à présent conjugué avec l'OLED. Hi-Sense, comme Changchong joue sa propre carte, alors que l'inoxydable Metz, symbole du terroir télévisuel allemand, s'appuie désormais sur Skyworth.
Une certaine similitude ne peut manquer d'apparaître aux plus attentifs avec ce qui s'est produit il y a un peu plus de 15 ans lors de l'offensive de la Corée du sud : les compétiteurs, "nouveaux conquérants", sont aujourd'hui comme à cette époque des acteurs relativement jeunes. Faut-il s'en étonner ? Pas vraiment.
Non seulement les groupes n'ayant encore qu'un âge peu avancé sont plus libres de leurs mouvements (n'est-ce pas du haut du cocotier que l'on risque le plus de se faire mal en tombant ?) et, en s'appuyant sur la croissance que leur apporte la conquête de parts de marché sur les anciens, ils disposent de moyens importants. C'est en arrivant à des tailles majeures que les difficultés commencent, car pour rester dans la course, il leur faut conjuguer grosse production et compétitivité, sans abandonner les armes d'un marketing offensif. Des contraintes dont l'arithmétique économique s'accommodent mal.
Il reste une donnée importante et nouvelle dans cette compétition planétaire. La dimension du territoire chinois et de sa population, déjà comparables à celles des grandes régions occidentales telles que l'Europe ou l'Amérique du nord, lui laisse encore un vaste potentiel de développement.
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