/image%2F1844442%2F20261103%2Fob_78bf07_aaf-avion-737-ryanair.jpg)
Cette alerte, parmi d'autres, que le patron de la célèbre "low-cost" vient de lancer, concerne bien plus qu'une petite frange de l'activité économique. Elle remet en lumière les appétits fiscaux de certains dirigeants, dans un contexte périlleux.
---DVSM---
-
- DVSM, 3 novembre 2026. Les histoires belges ne sont pas que des blagues qui volent bas. Il y a quelques jours, à Charleroi, vient de surgir une certaine émotion. Michael O'Leary, patron bien connu de Ryanair, avait indiqué qu'au cas où une taxe envisagée serait effectivement appliquée frappant les tarifs des passagers, il retirerait certains vols de la plateforme wallonne. La taxe a été décidée, et la décision prise, dont la suppression illico de plusieurs dizaines de destinations. Ceci entraînant le départ de plusieurs avions qui étaient jusqu'alors basés (équipes incluses) sur cet aéroport très actif. Les entreprises de transport aérien dites "à bas coût" ont depuis des années modifié radicalement la réalité de ce moyen de déplacement. Notamment dans une différence cruciale, par rapport aux coûteuses compagnies "historiques", aux tarifs très élevés (et malgré tout souvent peu rentables, rappelons-nous des jadis éternelles rallonges de l'Etat -contribuables- faites à Air France ou Air Inter...). Ceux des "low-cost", très compétitifs, ne les empêchent plus d'être bénéficiaires. Moyennant quand même quelques conditions. En effet, l'arithmétique vient parfois rappeler des réalités, dont une.: "qui fait vivre qui...?". Essentiel, non...?
-
Osons une toute petite parenthèse, où s'avoue ici être fort regretté que tous les dirigeants, industrie, distribution et autres, ne soient pas dans cette même ligne franche, très réactive face aux Etats. Imaginons, par exemple, un Michel Edouard Leclerc qui, voyant les prix à la pompe bondir vers le ciel, loin de n'en faire qu'une stratégie d'appel pour nourrir en clientèle ses propres linéaires, dirait "à ce prix là, nous n'en vendrons plus".
/image%2F1844442%2F20261103%2Fob_fa2bb3_aaf-aerien-airbus-aille-saumon.jpg)
Au-delà de cet épisode d'outre Quiévrain, le sujet prend une autre dimension, qui n'est plus seulement "dans l'air". La nervosité internationale qui n'échappe à personne fait grimper les cours du pétrole, et donc les tarifs, à la pompe comme au remplissage des réservoirs des Boeing et des Airbus.
/image%2F1844442%2F20261103%2Fob_a67c96_aaf-pers-medail-o-leary-michael.jpg)
Dans une interview outre Atlantique, le même Michael O'Leary est calmement mais sans détour vent debout devant cette situation. "Il faut s'attendre à voir les tarifs des compagnies grimper à court terme de 20%" prévient-il. Ce qui ne vise plus seulement ses aéronefs aux nuances bleues. Une autre compagnie, Volotea, très active en France et Europe, a annoncé récemment un plan de restructuration, alors que d'autres états d'âmes traversent des équipes dirigeantes. L'ensemble des activités aériennes, qui ne touchent pas que le tourisme - même si cette activité est à elle seule aussi nécessaire à l'activité globale que toutes les autres-, est devenu une matrice indispensable des économies. Il suffit de fréquenter chaque matin les files d'attentes quotidiennes, aux portes d'embarquement, à Roissy, Orly, Francfort, Milan, Heathrow, Buffalo et autres*, pour constater que les passagers ne sont pas des promeneurs mais bien des professionnels se rendant vers des destinations pour y accomplir des tâches professionnelles. C'est donc bien le travail, celui de tous, qui se retrouve au cœur de ces mobilités de notre monde. Tout comme les tarifs à la pompe pénalisent l'ensemble de l'activité économique, les surcoûts dans les transports pour des raisons géopolitiques ou fiscales, ou les deux mélangées, font peser sur tout le monde, comprenons "la planète entière", la très préoccupante menace de lendemains fort pénibles. A faire ainsi tanguer la barque, elle finira pas chavirer...
-
* Même chose hors Europe, bien sûr. A l'heure locale (04:30) ce matin, entre 6 et 9:00, une trentaine de vols sont prévus depuis l'aéroport de Buffalo, autant à l'arrivée. Les médias TV locaux de cette attachante ville de l'Etat de New-York n'ont pas manqué de reprendre l'interview de Michael O'Leary diffusée sur NBC.
-
/image%2F1844442%2F20150915%2Fob_cb0234_carre-intro.jpg)