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Toute nostalgie mérite le respect. Elle n'est cependant pas le socle sur lequel l'avenir et les projets peuvent se bâtir, simplement pour retenir un temps qui passe et une vie qui s'enfuit.

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---DVSM---

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- DVSM, 28 octobre 2026. C'était mieux avant, surtout pour ceux qui ont connu cet "avant". Cependant, la réalité est que, désormais, nous sommes "maintenant". Les analyses, les arguments, les éléments du dossier vont être mis en lumière intense et sous de multiples aspects pour alimenter l'actualité du BHV, grand magasin parisien désormais en règlement judiciaire. Toutefois, ne faudrait-il pas prendre un peu de recul et se rappeler de ce qu'était cet établissement, dans sa "vraie vie". Un établissement traitant absolument toutes les familles d'articles, mais aussi et surtout le "paradis des bricoleurs", source de mille et un produits et outils, un peu ou beaucoup techniques. Les clients les emportaient, il y a un demi-siècle, agrippés à la barre de maintient dans le métro, leurs achats assemblés dans un solide papier d'emballage vert, le paquet cerné d'une ficelle blessante pour les doigts. En 2026, tout bricoleur peut le confirmer, on ne trouve plus "tout" dans les magasins. Loin de là. Heureusement, sont arrivées les sources en ligne, Mano-Mano, Amazon, ou des endroits plus spécialisés, comme pour l'automobile, dans le genre Oscaro, par exemple. Même les GSB ont bien du mal à rester "dans le coup", endroits où pas mal de chalands résument en déplorant qu'on "y trouve tout, sauf ce qu'on cherche". C'est un peu exagéré. Un peu seulement. 

Rue de Rivoli, Paris, en 2000. Vue prise à quelques pas du BHV (on lui tourne le dos). Une belle animation alimente l'activité de nombreux magasins. 26 ans plus tard, nombre de ces établissements ont connu des destins compliqués, voire n'existent plus...

L'évolution de la vie dans la capitale est tout autant concernée par cette bascule "avant-maintenant". Des équipes municipales ont mené "crânement" et très idéologiquement une stratégie comportant des risques très lourds, dont les effets ont été produits à leur niveau optimal, formule à ne pas confondre avec "au petit mal". Paris, quel gâchis...! S'il est inutile d'insister sur tout ce qui a été dit, décrit et déploré de la métamorphose quasi destructrice de la capitale, on doit en revanche souligner qu'elle s'inscrit, de surcroît, dans une évolution inévitable de la ville, au sens large. Les images de rues et avenues remplies d'une foule active sont d'un autre temps. Celui d'avant. Héritées d'une époque où l'intra muros réunissait la vie sous toutes ses facettes. Le travail, le commerce, les loisirs... Les ateliers, les magasins, le café-concert, le cinéma. Comme les autres villes, Paris fut un lieu d'accueil pour des quantités d'entreprises, jusque dans des années encore récentes. Des usines Citroën quai de Javel aux innombrables ateliers des mécanique ou d'ébénisterie, taillanderie, quincaillerie... Une ruche dans laquelle des professionnels venaient acquérir, même au BHV, quelques outils Facom (garantis à vie) nécessaires dans leurs ateliers. La suite de cette histoire se résume à des entreprises qui grandissent et prennent plus de place, des grands commerces qui se développent, et une ville qui s'expatrie doucement de son centre. Ce d'autant plus facilement que, de 1960 aux années 80-90, le taux d'équipement des ménages en automobiles est passé de moins de 30% à plus de 85%. 

Le BVH n'avait cessé de se repenser, se mettre au diapason des attentes de la clientèle. Délicate manœuvre dans laquelle tout changer ne signifie pas tout détruire, et qui n'a pas de prise sur l'évolution extérieure du quartier et de la ville. En 2013, date du cliché, beaucoup de choses y ont déjà changé.  

La ville de demain ne sera pas la ville d'hier, même reconstituée, restaurée, réinventée. D'ailleurs, si les seniors en rêvent parfois, sans même y croire, les plus jeunes sont généralement plus distants de cette notion. Le salut de cet intra muros peut éventuellement se nourrir d'une réalité encore imaginable.: que des gens y habitent. Même cette hypothèse s'avère pourtant compliquée à réamorcer. Au moment où des hordes cagoulées se ruent sur des vitrines, cassent, pillent, et gaspillent peut-être les ultimes possibilités d'un autre renouveau. Les consommateurs hésitent à prendre le risque de venir en ville, les investisseurs n'hésitent plus à écarter des projets trop urbains et risqués. Quant à des manœuvres ou évolutions d'un calibre haussmannien, elles seraient combattues par des associations, retardées par des recours, éventuellement soumises à référendum, et autres périples devenus habituels. Pas gagné. "Maintenant" n'est qu'un instant, un point sans dimension sur n'importe quel graphique. Si cet instant est la fin du passé, il est aussi le début du futur. Y'a plus qu'à...  

 

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Tag(s) : #- A LA UNE, #- "LA" question, la..., #- VILLE ET COMMERCE, #- TOUT LE COMMERCE, #- C'EST LA VIE...
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