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Les cartes, le sans contact, c'est pratique. Et cela fait les affaires de certains acteurs de l'économie, à commencer par les services fiscaux.

 

- DVSM, avril 2018 - A défaut de pouvoir mettre la main sur l'argent des individus ou des ménages, un grand mouvement est en cours, faisant main basse sur les paiements. Ce n'est pas une révélation. Chaque consommateur s'en aperçoit quotidiennement. La dernière étape en date de ce glissement est la question désormais rituelle que lui pose tout intervenant à la caisse d'un point de vente, "sans contact…?" C'est une des évolutions marquantes de la vie quotidienne présente, le liquide tend à s'évaporer. Dans une telle métamorphose des usages, il y a des gagnants, qui encouragent le mouvement, et des perdants, qui ne savent pas trop comment endiguer le phénomène.

 

Côté commerce, surtout quand il est "grand et organisé", c'est une simplification, avec gain de temps pour les passages en caisses, et surtout le point ultime de la cohérence avec l'informatique de gestion. Donc, une rationalisation des coûts de fonctionnement. Pour les acteurs du paiement sans contact, c'est la main mise sur des flux financiers massifs, un pactole beaucoup plus impressionnant que celui de toute la musique ou de la vidéo. Seule question, que trouveront-ils après pour encore optimiser leurs recettes…?

 

Côté "victimes", il y a bien sûr les banques, qui sont en train de voir, inexorablement, la génération numérique leur filer entre les doigts. Cela va bien au-delà des milliers d'agences qu'il va bien falloir fermer. Mais une autre victime est peut-être l'individu, brave consommateur payeur dont les ressources laborieusement acquises sont à la base de tout ce colossal flux financier (tout se termine à son échelon, même dans l'activité des multinationales les plus "professionnelles"). Sans elles, et donc sans lui, plus rien, vide sidéral, le trou noir. Et avec cette transformation, c'est l'usage de l'argent liquide, bien trop anonyme aux yeux de certains, qui est menacé. Le moindre roudoudou réglé par carte (avec ou sans contact) est un acte de consommation exempt de toute confidentialité.

 

Bizarrement, alors que tout le monde semble s'émouvoir des effets de passoires de certains réseaux sociaux, personne ne bronche sur la curiosité sans limite des réseaux fiscaux et de leurs ramifications. Que seule la monnaie sonnante et trébuchante permet de garder à distance (à condition de ne pas avoir un mobile en marche au mauvais moment, capable de révéler chez quel distributeur était un individu le 29 février dernier de 14 h 32 à 14 H 38). S'agit-il ici de faire l'apologie d'une certaine évasion fiscale…? Certainement pas. Mais toutes les évolutions de nos sociétés entraînent des répercussions. L'individu a besoin d'une certaine liberté. L'argent liquide reste un des ingrédients de cette liberté, pas seulement à l'égard des instances fiscales, mais pour tout ce qui concerne sa vie privée. Et toutes les atteintes aux libertés se sont toujours soldées historiquement par des réactions aiguës, éventuellement violentes. Prenons garde à ce qu'une révolution numérique n'en entraîne pas une plus classique.

 

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Tag(s) : #L'info en temps réel, #- C'est un avis
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