IL N'Y A QUE QUELQUES ANNÉES, LE PRIX BARIL AVAIT FORTEMENT GRIMPÉ ET L'ON PARLAIT, ENTRE ÉCONOMISTES COMPÉTENTS, D'UN OR NOIR TRÈS CHER LORSQUE LA BARRE DES 50 DOLLARS AVAIT ÉTÉ FRANCHIE. CELLE-CI A DE NOUVEAU ÉTÉ ATTEINTE HIER. ALORS, ON DIT QUOI ?…
Ceux qui ont de l'humour à revendre affirmeront : "on ne dit rien, puisque chez nous, les pompes sont vides". Enfin, presque toutes, ou beaucoup, assez pour angoisser et même plus tous les Français motorisés. Il y a donc bien un aspect incongru dans le fait de souligner qu'hier à la Bourse de New-York, le baril de brut a tutoyé le cap fatidique des 50 billets verts.
Les habitués du commentaire inspiré et immédiat (qui inondent les talk-shows sur les petits écrans) sont, selon le principe admis, "ceux qui savent". Comme chacun peut le constater, ils continuent leurs développements à propos d'un pétrole jugé bon marché. Si les 50 dollars atteints hier constituent une sorte de point focal, il y a un bon moment que ce liquide gluant se négocie dans les 48, 49 et presque 50 unités monétaires du Pays de l'Oncle Tom. En gros, un tarif qui évolue dans la même zone depuis plusieurs semaines, ce qui ne modifie en rien les discours. Quand commençait à se profiler "la crise", celle de 2008, largement alimentée par des actions spéculatives pas trop recommandables, le passage à ce même niveau avait été estimé lourd tout court et de fait lourd de conséquences pour tous. Il correspondait en outre, expliquait-on, à un niveau élevé auquel il faudrait s'habituer. Ce qui était faux, tout le monde s'en étant rendu compte quand de 50, le baril est monté à 70 dollars. Nous connaissons la suite, jusqu'au moment où, affiché à 150 dollars, certains de ces "experts qui savent" pronostiquaient avec assurance du 200 dollars minimum pour bientôt. Et c'est alors que le fameux fût a entamé sa glissade jusqu'à... 30 dollars.
Dans les métiers liés à la consommation, chacun sait que les grimpettes de ce genre ne sont jamais dépourvues d'effets. Rappelons aussi que le passage par un pétrole "très bon marché" a servi d'alibi pour l'alourdir, en France, de quelques taxes complémentaires, alors jugées indolores, toutes liées à des causes noblement justifiées. L'Hexagone tient à rester fidèle à ce qu'il est, et a ne jamais se départir des ses "idées fisc". !
Objectivement, l'or noir désormais redevient cher. Et selon des analystes qui n'ont pas le savoir d'autres plus médiatiques, mais sont peut-être "pifométriquement" (pardon d'être un peu cru) plus favorisés par la nature, les explications viennent vite. Ils confient à voix mesurée, dans des couloirs feutrés, qu'après la période compliquée qui a obligé les spéculateurs à raser les murs et à se faire oublier, les affaires reprennent, doucement, mais sûrement. Et avec une certaine expérience ! Comme désormais, personne sur la planète n'ose plus évoquer les effets d'une pénurie, alors que les ressources naturelles sont visiblement colossales, on se rattrape avec ce que l'on peut. Comme par exemple des arguments dans lesquels la survie de la planète est peut-être en question. Il ne nous appartient pas de trancher sur le plan.
En revanche, il est clair que les consommateurs sentent doucement le passage à la pompe redevenir moins indolore, et qu'il faut sans plus attendre envisager des arbitrages imposés à la clientèle, ce dont les produits liés aux loisirs sont rarement épargnés.
/image%2F1844442%2F20150915%2Fob_cb0234_carre-intro.jpg)