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La France brûle-t-elle...? Ses commerces, assurément. Et moins sous les coups d'un mouvement revendicatif que sous les actions de pillards, des voleurs que rien n'arrête. Pas même ceux qui pourraient le faire...
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- DVSM, 19 octobre 2026. Par Yves Dupré. J'ai commencé une part déterminante de ma vie professionnelle au cœur du commerce par des magasins, mes magasins*. Et comme le savent ceux qui, depuis des décennies, ont eu la patience de parcourir les centaines de textes que j'ai pu commettre, tout cela dans ce palpitant et fascinant duo "commerce et industrie". Chacun peut par conséquent comprendre que, ce matin, je ne peux qu'éprouver une émotion particulière, et surtout sentir monter une vive colère, à la vue de ce qui s'est déroulé ces dernières heures, dans de nombreuses villes. Hélas, notre bel Hexagone, qui n'est déjà pas très performant pour ses jeunes bambins dans l'apprentissage de l'écriture, de la lecture et du calcul, l'est encore moins, voire pas du tout, dans la création d'un savoir élémentaire, simple mais concret, sur ce que sont le commerce et l'entreprise. Il est pourtant essentiel que chacun puisse prendre conscience, en ce moment précis, d'une immense réalité et de sa facette humaine, finalement la seule qui compte. Derrière chaque point de vente, celui d'un simple entrepreneur individuel comme celle portant son nom ou "enseigne" connue au niveau national ou plus, il y a toujours un dirigeant et son équipe... Des gens qui pour l'écrasante majorité, et en dépit des inévitables nuances qui peuvent se faire jour dans le quotidien, les troubles, les incidents, les accidents sont toujours ressentis comme des blessures collectives à vif. Et encore plus lorsque, au-delà de tous les impondérables que l'existence peut faire surgir à tout moment, s'impose la désolation. Contempler ce qui anime et nourrit la vie réduit au carnage par l'action de voyous, de voleurs, de pitoyables bons à rien, sans autre courage que de celui de casser, piller, incendier, confortablement et anonymement masqués, cagoulés, casqués, ne peut qu'engendrer l'effondrement de tous. Les destructions de magasins, les vols en quantités de produits (à l'évidence visés, voire ciblés. Pour des "commandes"...?), les embrasements de points de vente n'ont rien de commun avec les accidents ou les catastrophes, pourtant terribles, dites naturelles, les incendies, les explosions de gaz, les séismes, les crues, les ouragans, ces fatalités destructrices dont il se dit que "c'est la vie". Ici, ce n'est pas la vie. C'est de l'annoncé, du provoqué, de l'encouragé (y compris politiquement, scandaleusement). L'immensité du désarroi d'un pays pas loin du KO n'a pour équivalence que la minceur vertigineuse des réactions d'un Etat et de ceux qui en ont la charge. Alors que les indices permettant de redouter des suites ne manquent pas... Imaginons pourtant que les mauvaises humeurs du moment subsistent, mais qu'elles seraient débarrassées de cette facette voleuse, casseuse, pilleuse. La vie recommencerait à pouvoir être presque belle. Nous en sommes si loin, et peut-être que nous nous en éloignons encore un peu plus.
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* Après un premier saut dans le "grand bain" en mai 1969, avec un... ("mon"!) stand à la Foire de Paris, -je n'étais alors majeur que depuis 6 mois, condition pour exercer une activité commerciale- j'ai dès le début des années 70 ouvert un magasin à Paris, très près de la place de la Nation, et un second un peu après, "à deux pas de la Bastille", comme cela se stipulait dans les pages de publicité publiées dans la presse. Nation, Bastille, un positionnement idéal pour comprendre ce que sont des "manifs", alors que les échos de mai 68 étaient de première fraîcheur.
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