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Souvent évoquée, la nouvelle dimension qui s'est invitée par le biais d'Internet dans le statut de la presse écrite et sa survie impose aux publications de bannir toute banalité et d'user d'une attractivité amplifiée, voire réinventée.

- DVSM, 30 septembre 2021. A la "Une" du célèbre quotidien ce matin, une information dont chacun pourra mesurer le caractère exclusif. A la veille du mois d'octobre, alors que la température devient automnale, que les feuilles jaunissent et commencent à tomber, et que l'heure d'hiver va bientôt inonder de sa précoce obscurité villes et campagnes, le quotidien ose cette nouvelle spectaculaire.: les affections des matins givrés et des bourrasques piquantes sont de retour...! Quel scoop...! Le quotidien francilien (comme son clone Aujourd'hui en France) s'engage ainsi d'une manière plutôt caricaturale, peut-être sous l'influence d'une inconsciente habitude, dans un travers hélas devenu routinier, qui se traduit par le traitement par tous et aux mêmes moments d'une palette fort réduite d'informations, sans se priver de temps en temps d'un recours à une banalité. Parallèlement à cette mauvaise habitude quasi inconsciente, s'amplifie et hante tout un univers de la très réelle difficulté à maintenir les deux formes pour toute publication, papier et numérisée. En réalité, il semble que rares sont les acteurs de ce domaine de l'écrit sur papier qui ont trouvé une réponse adéquate à la nouvelle dimension née de l'apparition d'une innovation technique*. Les énergies semblent plutôt concentrées sur l'objectif visant à faire vivre les mêmes contenus dans les deux univers à la fois, numérique et papier. 

Dans cette nouvelle donne, la presse quotidienne a un rôle majeur à jouer, (doit-on même parler de sa responsabilité à l'égard de l'ensemble de l'écrit informatif...?) puisqu'elle constitue la raison la plus quotidienne qui soit pour tout quidam d'aller jeter un coup d'œil au kiosque le plus proche pour répondre à cette célèbre question : "quoi de neuf ce matin.?" Certes, si ce "neuf" est le même que celui qui saute aux yeux dans la mise en route de tout objet connecté, pourquoi aller vers ce papier dont l'utilité devient moins pertinente...? Des conditions nouvelles et de ce qu'elles entraînent, les stratégies à adopter ne sont pas faciles à déterminer. Toutefois, sur papier comme en version électronique, c'est bien le contenu qui génère l'envie de consommer, l'info molle, comme celle qui revient, en une, qu'en automne, chacun peut s'enrhumer, est à éviter. Dans ses approches pour tenter de vivre selon un paysage bouleversé, la presse suit une démarche qui n'est pas sans rappeler celle d'enseignes s'acharnant sur ce concept dit "multicanal", qui conduit à chercher à conquérir le même client ou lecteur par plusieurs, voire tous les moyens disponibles. Arithmétiquement, comme il n'y a pas plus de clients pour, par exemple, la baguette de pain quotidienne, le multicanal revient à investir davantage pour collecter le même euro de CA. La presse n'est pas condamnée à cette restriction physiologique. Elle peut se nourrir d'un avantage, puisqu'il est possible de proposer un contenu différent dans chaque formule, alors que le quidam ne mangera pas autant de baguettes de pain qu'il trouvera d'accès à une ou des boulangeries. 

Toutefois, la presse écrite a aussi profité de circonstances annexes influençant sa diffusion. Il y a un quart de siècle, les plus gros tirages en presse quotidienne étaient enregistrés dans les pays où les transports en commun étaient les plus disponibles, notamment la Grande-Bretagne en Europe, le Japon en Asie (qui comptaient des quotidiens dépassant les millions d'exemplaires vendus chaque jour). La lecture d'un journal dans le train de banlieue, le métro, le bus ou le tramway était une habitude qui perdure, mais s'est dans des proportions importantes convertie, même en France, à une lecture... sur smartphone. Plus rural, et avec des transports publics moins bien développés, notre territoire a longtemps été très favorable à l'information écoutée en voiture et sur l'autoradio, lequel reste toujours très utilisé là où ni la lecture papier, ni l'écran numérique ne peuvent s'épanouir. 

Même si ce titre n'a rien de faux, est-il réellement de l'info...? 

Quotidienne ou d'une autre périodicité, la presse "papier", déjà partiellement dépossédée de ses recettes publicitaires pourtant vitales, est en concurrence frontale avec une concurrence qui lui impose des défis difficiles à relever. Quelles que soient les stratégies adoptées pour sa vie dans un univers inédit, elle ne peut que compter sur une spécificité exacerbée, une réelle originalité et sur le contournement de toute facilité. Facile à dire, il faut en convenir. 

* Ce n'est naturellement pas la première fois que les méthodes de diffusion de l'information sont à recomposer en fonction des progrès techniques. Il y a un siècle, la radio a amorcé une véritable révolution que l'apparition de la télévision a complété dès l'après-guerre 39-45 (avec des rythmes différents selon les pays et les régimes plus ou moins libéraux). La naissance des communications numérisées apporte une nouvelle transition. 

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A propos : le blog DVSM, Distribution, Ventes & Services Magazine™ est le plus ancien outil d'information dédié exclusivement aux professionnels de la distribution des équipements et des services de loisirs électroniques et numériques. Fondé en 1979 sous le titre "Vente", et ayant adopté le nouveau titre DVSM à l'occasion de l'an 2000 (auparavant, Vente Electronique, Vente Informatique, etc.). Actualité, analyses, documents s'y retrouvent sous la forme de ce blog sans publicité. Réagir, nous contacter : dvsm.edition@orange.fr . 

 

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