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Tout le monde est pour ce petit commerce souvent dit de centre-ville, même, pourrait-on le croire, les millions de clients qui ne se sont pas gênés pour l'abandonner.

- DVSM, 17 novembre 2020. L'art de décrire les événements en les racontant par leur contraire est devenu très tendance. Cela se manifeste notamment par tout ce qui est dit à propos de ces commerces qui jadis faisaient vibrer le cœur de nos villes et bourgades. Soyons clairs : si ces établissements ont quitté places, rues et avenues, leurs exploitants n'ont jamais décidé de déserter ces lieux. Ce sont bel et bien les clients, et eux seuls, qui ont pris le chemin des zones commerciales installées loin du centre. S'ils étaient restés fidèles à leurs échoppes traditionnelles, celles-ci n'auraient pas vu leurs rideaux de fer se baisser définitivement les uns après les autres. Un commerce sans client n'est plus qu'un souvenir. Faudrait-il pour autant accuser cette distribution nouvelle, grande, attirante, de quelque mauvaise action…?

Cela serait probablement très injuste. Quand un client s'en va, c'est qu'il y a des raisons. Force est de constater que le centre-ville n'a pas su ou pu répondre aux arguments que la distribution nouvelle proposait à la clientèle. A commencer par un large choix multi-produits en un seul lieu (pour des ménages dans lesquels homme et femme travaillent et dont les heures sont précieuses, le facteur temps est essentiel). A cela s'ajoutait l'amplitude horaire. Franchement, à part une intense envie d'aller se reposer, rien n'aurait empêché les établissements installés en ville d'accueillir des clients au moins jusqu'à 20h00, voire 21h00.

La surdité aux attentes (ou l'absence de leur détection), ajoutée à on ne sait quelle conviction dogmatique dans des équipes municipales n'a rien arrangé. Celles-ci, au lieu de faciliter l'accès à leurs quartiers animés, se sont appliquées à le rendre le plus complexe possible, armés de leurs horodateurs et de leurs voies piétonnes, fantasmes d'élus aux résultats connus d'avance. Surtout sachant que les zones commerciales nouvelles offraient un accès gratuit illimité. Même dans la capitale, au cœur des années 70, alors que la banlieue se dotait de centres commerciaux très performants, le stationnement payant et réprimé a été largement étendu, dissuadant les banlieusards de venir faire des emplettes, mais élevant au rang de symboles de toute une époque les préposés aux "aubergines" devenues "pervenches", dames de la rue moins sympas que d'autres.

Les magasins de centre-ville ont bel et bien succombé en nombre par l'assèchement inexorable de leur clientèle. Pire, il est possible d'avoir en mémoire la réticence de certains de leurs responsables ayant boudé des initiatives d'associations de commerçants cherchant à dynamiser leur commercialité locale par des opérations et animations harmonisées. A chacun ses petits morceau du désastre. A présent, de nombreuses émotions surgissent, et les mairies cherchent des correctifs. La rectification sera complexe et aléatoire. L'épisode du coronavirus démontre qu'en dépit des élans de sympathie, bien tardifs, le réflexe reste en hauts lieux de considérer ce commerce souvent indépendant, mais aux exploitants courageux, comme une famille ne représentant pas forcément un outil propre à stimuler l'activité économique. 

 

 

 

Tag(s) : #- A LA UNE, #- TOUT LE COMMERCE

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