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Sacs, packagings sous les projecteurs ! Prendre soin de la planète -et donc des milieux marins- est un impératif collectif indispensable. Ses conséquences économiques imposent toutefois des correctifs issus de constats concrets, et non de méthodes expéditives relevant plus de la mauvaise humeur que du remède bien pensé.

- DVSM, 12 novembre 2020. L'objectif de certains défenseurs de l'environnement est simple à résumer : supprimer le plus possible les matières plastiques…! Toutes, sans en oublier une seule, serait même l'idéal. L'élimination plutôt que la gestion. Cette consigne ou directive peut paraître généreuse. Les milieux marins sont de plus en plus engorgés de matières tant sous formes finies, "morceaux" brutalement jetées dans les flots, que sous forme de particules. Outre que c'est dégue… -pardon- tout sauf propre, la faune s'y trouve prise au piège. Sur ce point, la place à la divergence n'existe pas. En revanche, les effets d'une évidente dérive des rejets se traduit par une volonté de tirer un trait sur des matériaux déjà mal vus comme, presque dogmatiquement, tout ce qui provient des ressources fossiles. Cette volonté de remplacement comporte cependant des revers, que l'industrie et la distribution ont clairement identifiés. En rayon, le basculement des emballages vers des matériaux différents est en plein essor, chacun sachant qu'il ne se fait pas d'une manière simple, et selon des stratégies souvent onéreuses.

Si l'on se réfère à une étude de l'UICN*, ce sont aujourd'hui 229.000 tonnes de déchets plastiques qui sont jetées par an dans la Méditerranée. Que représente cette quantité…? Environ 627 tonnes par jour, et donc une moyenne toute théorique de 19 tonnes quotidiennes pour chacun des 33 pays ayant une côte sur cette mer. Pour une vision plus juste, il faut tenir compte des rejets des uns et de ceux des autres. Trois pays seulement, l'Egypte, l'Italie et la Turquie totalisent, selon cette même étude, respectivement 74.000, 34.000 et 24.000 tonnes, soit environ 132.000 tonnes par an, et 57% des rejets totaux. L'UICN précise aussi que le poids des rejets par nombre d'habitants établit un classement différent. Le Monténégro occupe la position la plus élevée, avec une moyenne de 8 Kg par an et habitant. Ce qui ne fait que 21 grammes par jour. L'Alabanie, la Bosnie Herzégovine et  la Macédoine du Nord, secondes nations à égalité, sur la seconde marche du podium, rejettent 3Kg par an et habitant, soit un peu plus de 8 grammes quotidiens par habitant. Un parallèle très direct est également établi entre l'ampleur des rejets et populations côtières. L'ensemble de ces données démontre que l'effet de masse, pour être corrigé, ne peut être jugulé qu'en agissant sur des volumes individuellement faibles, et dans des localisation géographiques plutôt bien ciblées.**

L'abandon des matières plastiques n'est pas une solution aussi miraculeuse qu'on pourrait l'imaginer, sur un plan purement écologique. Elles ont remplacé d'autres matériaux avec des bilans écologiquement moins favorables. A commencer par les pièces métalliques, avec des étapes de fabrication nettement plus gourmandes en énergie (fusion, usinages, façonnages, poids lors du transport). A l'heure où les mesures barrières sont indispensables, peut-on imaginer ce qu'entraînerait l'emploi du verre là où le méthacrylate (plastique transparent, ou "plexi") permet une vision parfaite et isolante commode à mettre en œuvre. Dans l'industrie automobile, et alors que le poids devient une unité de contrainte fiscale, heureusement que les matières plastiques adoucissent la pesée, et la consommation. Les exemples sont innombrables des apports des matières plastiques, propres à douter de la pertinence des remplacements désirés et même déjà imposés.

Y'aurait-il anguille sous broche…? C'est de fait une autre interrogation qui est soulevée. Elle concerne le tri méticuleux, et même devenu pointilleux dans certaines zones urbaines, et ce qui en suit l'application par le public. Les déchets recueillis sont-ils tous correctement acheminés vers les bonnes unités de recyclage…? Avant de convertir de manière autoritaire tout ce qui, entre autres, va se montrer accroché aux broches des linéaires, ne conviendrait-il pas d'affiner les bonnes orientations de tous les déchets, en évitant par exemple que certains conteneurs soient assez indélicatement orientés vers des territoires moins regardants que peuvent l'être certains pays d'origine…? En évitant aussi que certaines décharges mal protégées du vent et installées sur des rivages ou berges de rivières servent de plateformes de lancement de vieux sachets et autres débris vers la grande bleue…? Etc. 

 * Union Internationale pour la Conservation de la Nature, organisation non gouvernementale qui s'est fixé pour mission "d'influencer, encourager, assister les sociétés" dans leurs actions et stratégies d'élimination des déchets.

** Dans les matières plastiques arrivant en mer Méditerranée (comme dans les autres étendues marines), on relève aussi des micro-particules, dont certaines proviennent des pneumatiques. Il n'y a pas que du caoutchouc dans ce qui "chausse" automobiles et poids lourds.

 

Tag(s) : #- A LA UNE, #- DEMANDE RÉFLEXION !

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