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Quand surviennent des crises graves, la préoccupation occupant le plus les esprits se concentre toujours la suite des événements, donc les conditions et perspectives d'un retour à une situation redevenue "normale". Comparaisons... 

- DVSM, 11 novembre 2020. Sur nos plages, l'assaillant a changé. Le virus a pris sa place. Contre la pandémie le mot "guerre" est souvent utilisé . Pourquoi pas...? Mais avec des nuances que chacun perçoit. L'ennemi, le virus, n'est pas animé par un esprit de conquête. Ce n'est pas lui qui demande leurs papiers à ceux qui déambulent. Il est certes bien là. Il circule, et sa présence met à mal notre santé, et parfois même en péril la vie des uns et des autres. Malheureusement, il n'y a même pas pour le vaincre l'ultime solution consistant soit à le faire sauter sur une mine, soit à "balancer" sans hésitation une bombe nucléaire sur le fief de son état-major. Mais reconnaissons lui surtout le mérite de ne pas imiter la Grosse Bertha, monument de l'artillerie ennemie qui a participé à l'hécatombe en vies humaines et à faire de milliers de jeunes Français des infirmes à vie, ce que nous commémorons en ce 11 novembre. Loin de tous ou presque, ce conflit d'il y a plus d'un siècle, comme la contamination par le virus H1N1 qui a pris le relais en 1918, faisant environ 200.000 victimes sur notre sol, ne peuvent plus être évoqués désormais que par de rarissimes et très ultimes survivants. Plus récent, celui de 39-45 autorise une réflexion, qui ne peut qu'engendrer une consciente relativisation des dégâts signés du coronavirus.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, c'est en millions que furent dénombrées les victimes. Et pour se redresser, le pays a eu pour première tâche de contempler les dommages. Puis d'en mesurer l'ampleur, avant de se retrousser les manches. Au Palais de Chaillot, le 12 février 1945, Daniel Boutet, inspecteur général des Ponts et Chaussées, avait donné une conférence brossant un panorama des divers dommages* constatés. Ainsi, avait-il évoqué au prix d'une énumération interminable 4.010 ponts routiers détruits, des voies navigables qui étaient en quasi-totalité inutilisables, au moins 115 grandes gares (sur 322) gravement endommagées, plusieurs milliers de voies ferrées détruites, 8.500 "appareils de voies" (aiguillages, croisements…) hoors d'usage, près de 3.000 pylônes démolis ou gravement endommagés sur les lignes électriques à très haute tension alimentant le pays… Inutile de continuer l'entre-aperçu de ce gigantesque descriptif. Ces quelques points cités ici laissent imaginer la somme des détériorations de "l'outillage national" du pays, lesquelles ont contribué à rendre très difficile la vie économique, expression bien noble pour ce qui devrait  se résumer plus justement pas la "vie", tout court.

Notre ennemi d'aujourd'hui, quand il aura rendu grâce, ou accepté de se faire quasi inoffensif, nous laissera certes des dettes, des marchés à reconstruire, des chômeurs à remettre au travail, mais il n'aura ôté de cet outillage aucun pont, aucune locomotive, aucun avion, aucun bureau, aucun atelier, aucun espace de commerce. Viendra probablement la remarque consistant à souligner que cette situation comporte aussi un revers de médaille à ne surtout pas négliger. En effet, lorsque tant de choses sont à reconstruire, cela se traduit par du travail pour le plus grand nombre. En 2021, ou 2022, seules les envies de consommer seront à stimuler, et les moyens de cette consommation à faire surgir. Un exercice inédit, mais quand même à aborder dans une atmosphère d'où devrait être exclu tout sentiment excessif de désolation. Peut-être serait-il sage de s'y préparer... 

* Ceux résultant des bombardements (ennemis et alliés), ceux occasionnés par l'occupant et son armée, ceux résultant de l'action de la résistance…

 

Tag(s) : #- A LA UNE, #- DEMANDE RÉFLEXION !

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