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Mieux, moins bien, comme les autres, nos compatriotes, et pas seulement les plus élevés dans dans les échelon hiérarchiques, cultivent cette fichue habitude. Se rassurer ou s'auto-flageller, est-ce bien utile...?

 - DVSM, 20 octobre 2020. Regarder les autres pour se comparer revient un peu à se regarder dans le miroir. Notre nation a une tradition. Elle pratique cette petite manie à haute dose et depuis les plus lointaines périodes de son histoire. Avec toujours les mots, à défaut d'arguments plus solides, pour s'auto congratuler de ses prouesses et de la pertinence de ses choix. Attitude à laquelle une réplique tout aussi répétitive ne manque jamais de surgir. D'autres réussissent mieux, constat en général accompagné de parallèles souvent très approximatifs avec ces plus doués de circonstances. En outre, ces comparaisons ne sont pas forcément suivies de stratégies correctives, on fait ce que l'on peut.

Pour la chose sociale, c'est la Scandinavie qui, dans ce mécanisme aux relents pavloviens, tient la corde, et plus spécialement la Suède. Toutefois, est-il totalement rationnel de comparer notre pays de 67 millions d'âmes à une contrée qui compte moins d'habitants que la seule région parisienne, et qui vit sur un territoire vaste et très peu peuplé dans ses vastes étendues allant jusqu'au cercle polaire…? Fiscalement, ses hauts niveaux de prélèvements furent longtemps cités comme des exemples, jusqu'à ce que les autorités locales abaissent sensiblement leurs curseurs, constatant que le travail au noir avait finalement pris des proportions insupportables. Trop d'impôt tue l'impôt. Avec l'épisode –non terminé- du coronavirus, la Suède a pour le moins fait bande à part, en ne confinant personne, en ne ralentissant rien de son activité. Assez pour que le flux des comparaisons soit soumis à des appréciations diverses. La mortalité par habitants a été sans cesse évoquée sur nos plateaux TV, sans qu'il soit permis de réellement se faire une idée juste sur le bilan. Mais pas d'alignement, sujet trop sensible, dans les confusions mêlées entre maintien de consultations électorales et raté majeur dans l'approvisionnement en masques.

Ne revenons pas sur des comparaisons multiples ayant eu leurs heures de gloire. Il y a eu jadis un rêve américain, aux accents sans doute excessifs, tout comme l'est devenue une certaine détestation pour le Pays de l'Oncle Tom. Qui se rappelle, chez ceux dont l'âge le permet, qu'une large frange politique française rêvait à une époque de faire partager à l'Hexagone une "expérience à la Chilienne", avant que l'aventure de cette terre d'Amérique latine tourne à un fiasco monumental et lourde en victimes…? Mais c'est l'Allemagne, notre voisin immédiat, qui bénéficie le plus de cette tendance à la fois envieuse et un peu hostile, tendance qui a connu deux époques, l'avant et l'après.

"L'avant" était le temps de cette Allemagne dite fédérale, pour éviter toute confusion avec l'Allemagne de l'Est. Cette période allant de la fin de la seconde guerre mondiale à la chute du mur de Berlin fut déjà au centre de comparaisons qui étaient presque davantage "de raison" que celles désormais dans l'air du nouveau siècle. Fédéral, notre voisin avait en effet une population comparable à celle de la France, mais sur un territoire nettement plus réduit. Dans les années 70 et 80, qui n'aurait omis de constater ce que l'on baptisait "miracle allemand" ? L'industrie s'était très vigoureusement reconstruite et redressée (mais avec des fondements économiques pas toujours très avouables, conséquences "bénéfiques" du conflit et de ses opportunités pour certains). Il y a un demi-siècle, le Japon était également l'objet d'un spectaculaire redressement, que certains observateurs expliquaient par un point : ni l'une ni l'autre de ces deux ex-nations membre de "l'Axe" n'avait plus de budget militaire, du fait de l'interdiction qui leur avait été faite au sortir du conflit 39-45. Mais revenons à des comparaisons bien plus terre à terre, en relation directe avec l'EGP. Au cours des années 80, GfK soulignaient que grâce à une TVA moins lourde, les consommateurs d'outre-Rhin parvenaient à acheter plus d'équipements électroniques que les Français, tout en dépensant moins.

Nous voici au temps de la pandémie. Et comme le confirme ce titre du quotidien Les Echos d'il y a quelques jours, (photo) la comparaison reste d'actualité. Oui mais…! Les mesures, les masques, le nombre de lits de réanimation, les événements, les spectacles… Et pourquoi ne pas évoquer aussi, dans un désordre serein, la vitesse libre sur les autoroutes et un bilan meilleur que le nôtre en mortalité routière, les centrales à charbon, le coût de l'immobilier (y compris commercial, il est vrai en évolution), la structure de l'offre des constructeurs automobiles (qui n'ont jamais vu chassé mais encouragé le haut de gamme), mais aussi les salons annulés, les paramètres des "clusters" fiévreusement discutés*… Toujours en ayant à l'esprit une population environ 20% plus nombreuse qu'en France, sur un territoire environ 20% plus petit. N'y aurait-il pas dans cette habitude un certain penchant pour se dissimuler quelques réalités...?

* De 50 contaminations pour 100.000 habitants, certains souhaitent passer à 30 contagions pour ce même nombre d'individus…

 

Tag(s) : #- A LA UNE, #- DEMANDE RÉFLEXION !

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