Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

La mise en suspens de l'activité d'une majorité d'entreprises pour cause de contagion n'aura guère excédé plus de deux à trois mois. Un interlude forcé qui en précipite pourtant un nombre considérable vers l'abîme.

 

- DVSM, 23 mai 2020. Les "dépôts de bilans", cessations des paiements sur notre sol, mise sous protection du chapitre 11 outre-Atlantique, et autres variantes selon les territoires, commencent à se multiplier. Des firmes puissantes et de grande renommée se retrouvent acculées à ces extrémités vitales, dont on sait déjà que beaucoup ne se relèveront pas. Et celles qui réussiront à se rétablir n'y parviendront que dans des structures allégées, avec des suppressions de postes massives. Cette réalité terrible met en lumière qu'en un temps très bref d'absence de recettes, rares sont celles qui ne sont pas menacées d'un trépas brutal. Pourtant, 2 mois, soit 2/12 d'un exercice (ou encore 16,7% sans tenir compte des saisonnalités, 25% pour 3 mois*) ne représentent pas "sur le papier" plus qu'un handicap sérieux, certes, mais qui pourrait paraître surmontable. Moins que des niveaux de marges très serrés (parfois trop), cette réalité souligne une absence de ce qu'en langage populaire, on baptiserait "des réserves". Un point qui montre l'aspect très illusoire des capitalisations boursières, qui sont davantage le résultat d'une sensiblerie de l'univers des corbeilles que des repères économiques solides. Un peu comme si l'entreprise n'avait plus d'autre ancrage que sa seule activé, à défaut d'un patrimoine palpable. Et que se passerait-il si, comme dans une mauvaise loi des séries, survenait un second accident de parcours (que pourrait constituer une reprise de la pandémie...) ? 

 

Au fil des années, loin de considérer comme positives des réserves en tous genres, la stratégie a consisté à réduire ces capitaux "qui dorment" et ne rapportent rien. La sécurité, au cas ou... oubliée. Les flux tendus, les sièges sociaux et installations en location, les flottes d'automobiles ou d'avions en leasing… Autant de composantes qui s'effilochent quand le ciel s'assombrit. Et que dire des droits et royalties, droits d'auteurs, brevets, droits de retransmission, etc., des Himalaya financiers lorsqu'il s'agit de les acquérir et de les protéger, mais dont il est difficile de profiter en cas de besoin vital arrivant soudainement.

 

Le "dépôt de bilan" du loueur de voitures américain Hertz montre parmi tant d'autres exemples d'une manière trop concrète cette vulnérabilité. Il ne fait pourtant aucun doute que lorsque le mauvais moment du coronavirus sera passé, des clients reviendront tout naturellement vers Hertz et ses comptoirs pour louer des automobiles. A condition que le passage par le chapitre 11 n'ait pas pour épilogue une fin définitive. Certes, ces conditions qui peuvent désormais constituer un motif d'inquiétude, s'appuyaient sur la conviction que, comme cela s'exprimerait au comptoir du café d'à côté, "en principe, les choses ne s'arrêtent pas comme ça, d'un coup". Et bien si… La preuve.

* Presque "négligeable" si l'impact est étalé sur 5 ou 10 ans...

 

 

Tag(s) : #- A la Une, #- DEMANDE RÉFLEXION !

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :