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Depuis l'avènement de la radio, la lutte entre collines et pylônes, et donc entre horizon et obstacles, est une réalité quotidienne pour les professionnels de la diffusion. Le ciel et la terre offrent des remèdes aux difficultés que l'entre deux "hertzien", très onéreux, ne surmonte que trop partiellement.

 

- DVSM, 20 avril 2020. Il y a des combats réalistes, d'autres qui pourraient n'appartenir qu'à des convictions quasi théologiques. C'est un peu le cas des tenants de la radio numérique terrestre, défenseurs d'un procédé techniquement complexe et onéreux à l'excès. La leçon administrée par la télévision donne pourtant matière à réflexion. Dans son rapport le plus récent, l’Observatoire Européen de l’Audiovisuel mentionne un décompte révélateur. Dans l'ensemble de l'Europe, UE et autres pays inclus (en fait, tous les territoires analysés dans la base de donnée MAVISE*), sur 14.418 chaînes ou canaux TV, 21% seulement sont véhiculés par la TNT. Ce qui revient à constater que 79% du monde de la télévision vit grâce à l'ADSL, au satellite et à ce que l'on désigne en langage de technicien par les lettres IP (Internet Protocol), ce qui peut se traduire "via l'ordinateur". 

 

L'inconvénient de tout ce qui est terrestre est la nécessité de jongler avec le relief et les conditions plus ou moins favorables à la propagation.** Depuis la nuit des temps (télévisuels) combien de revendeurs, au fond de certaines vallées un peu trop encaissées, ont dû, pour encaisser le CA lié à la vente de téléviseurs, trouver moyens et solutions pour installer des relais sur des pitons rocheux, des hauts de collines ou des bâtiments riches en étages…! Bâtiments qui, dans d'autres circonstances, ont imposés après avoir été construits, des mesures destinées à contourner les effets d'écrans ou de réflexion qu'ils causaient soudain, perturbant les soirées TV de multiples ménages. Mais heureusement, satellite et haut débit (transcendé par la fibre) permettent de s'affranchir de cette difficile et onéreuse condition, puisque la diffusion terrestre implique l'utilisation (et la maintenance) de milliers d'émetteurs, pas toujours plantés dans des endroits de grande accessibilité. D'où également un coût élevé à supporter pour les chaînes et canaux (dès l'avènement de la TNT sur notre territoire, le coût s'évaluait dans un rapport de 1 à 10 entre satellite et terrestre, au désavantage de ce dernier).

 

L'exception du téléphone mobile tient au fait qu'il ne s'agit plus seulement de réception, mais aussi d'émission, avec la nécessité de localiser chaque mobile, de fonctionner avec sa nécessairement faible puissance d'émission, dans des cellules de petite taille. Pour la radio, le terrestre numérique a pour le moins du mal à s'imposer. Ce qui ne doit pas être confondu avec un quelconque renoncement à l'attachement du public à la radio. Laquelle est un concept historiquement ancré, pour l'information et la musique en particulier, l'attachement étant à la forme de ce qui s'écoute, et non au moyen utilisé pour en faire techniquement la diffusion, d'ailleurs très peu connu dans ses détails par l'écrasante majorité des auditeurs. 

   

* MAVISE est une base de données en libre accès sur les chaînes de télévision, les services à la demande et les licences couvrant 41 pays européens et le Maroc. Elle est gérée par l’Observatoire européen de l’audiovisuel et soutenue par le programme Europe Créative de l’Union européenne.

 

** La radiodiffusion a longtemps été assurée par ce que l'on a désigné par "grandes ondes", lesquelles exigeaient des émetteurs de puissances considérables, mais pouvaient couvrir des territoires très vastes. Avec la télévision, puis les radios FM et désormais les transmissions numériques, les "porteuses" utilisées sont de très hautes fréquences, et nécessitent des conditions proches de la vue directe.

 

 

 

Tag(s) : #- A la Une, #- Techniques, techno...

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