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L'or noir ne brille plus comme avant. L'accord des pays producteurs pour tenter de faire se relever les cours du brut s'avère inefficace. Un fait moins banal qu'il n'y paraît.

- DVSM, 14 avril 2020. Les nations productrices de pétrole (derrières lesquelles ne se dissimulent nullement de puissantes et riches compagnies) sont bredouilles. Réunies pour réduire la production, devenue très largement surproduction sous l'effet de la pandémie, et enrayer la dégringolade du cours du baril, l'initiative se solde par un échec. Double tentative d'ailleurs, puisqu'à une réunion sans accord, a suivi une autre rencontre, cette fois avec accord. Dans notre monde occidental et dans tout autre domaine, notons qu'une telle manœuvre visant uniquement à faire remonter des prix serait désignée par le terme "entente" et prendrait le profil d'un délit. S'il s'agit de compote de pomme, cela vaut même condamnation. Mais c'est du pétrole.

Et pourtant, en dépit de cet accord, non seulement le précieux liquide n'est pas redevenu un peu plus cher, mais il se retrouve à nouveau dans le repli. Il n'y aura pourtant probablement que peu de personnes capables d'essuyer une larme à ce sujet. Dans les difficultés économiques où plongent pratiquement tous les pays de la planète, il n'est guère utile d'imaginer un retour serein vers un rétablissement si celui-ci doit se conduire avec des matières premières remontant vers des sommets comme il s'en est imposé depuis des années. D'ailleurs, une bonne part des sur-régimes enregistrés depuis des années, notamment dans le monde occidental, a eu pour origine le fait de devoir composer avec des coûts exorbitants. Ce que certains dénoncent comme les excès de l'économie libérale ou du capitalisme est depuis plusieurs décennies conditionné par ce toujours-plus tarifaire, qui a certes fait le bonheur de certains spéculateurs, avec la complicité d'états aux appétits fiscaux gargantuesques. Tout cela pour, notamment, satisfaire quelques délires architecturaux d'un goût moyen, créer des normandies au cœur de zones désertiques, et alimenter bien d'autres trains de vie loin au-delà des limites décentes du gaspillage. 

Mais si cet échec est à noter, c'est aussi et même surtout parce qu'il est révélateur d'une situation dont il n'est pas certains que la gravité réelle soit bien évaluée par tous. D'ores et déjà, il est inévitable que des pans majeurs des économies vont s'écrouler, avec des conséquences concrètes désastreuses, du chômage en particulier. Comme en matière de pandémie, chacun a bien conscience que le bout du tunnel n'est pas près de montrer son petit point lumineux, puisse le virus au moins aider à ce que ces cotations si douloureusement vécues par tous depuis tant d'années restent dans des zones abordables le plus longtemps possible.

 

  

Tag(s) : #- A la Une, #- Eco-conjoncture

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