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Quand la TNT était supposée devenir le moyen universel de diffusion, plongeant les bouquets satellites dans un possible néant, le véritable avenir n'était anticipé que par une très faible minorité. Et pourtant...

- DVSM, 20 mars 2020. Télévision et téléviseurs étaient dans tous leurs états. Pour mille et une raisons, dont certaines plus affairistes qu'on le croit, la numérisation de la télévision hertzienne se manifestait dans un monde supposé bien organisé. Libérées de ses contraintes monopolistiques depuis deux décennies, un ordre nouveau s'était établi. Gratuite pour tous (mais quand même soumise au prélèvement obligatoire par redevance interposée) la "télé" offrait son petit choix, alors que Canal d'un côté, TPS de l'autre, ouvrait le choix à une panoplie de chaînes, des... bouquets. Avec ses 14 chaînes toujours gratuites (mais avec redevance pour celles d'Etat) soudain offerte au public, les groupes privés qui se partageaient la population des abonnés "payants" comprenaient à ce moment qu'ils étaient tout simplement dépossédés d'une part de leur clientèle. 

Cependant, dans ce joyeux tumulte, au moins une voix venait s'interposer. Dans le cadre du Salon de la Réception Numérique, les deux acteurs du bouquet satellite organisaient leur convention d'installateurs et revendeurs. Aux commandes de TPS, Patrick Le Lay, au sein du groupe Bouygues (repreneur de TF1, ex-première chaîne privatisée), le soir du 10 mars 2005 au Palais des Congrès de Paris (photo), affirmait, en la confirmant, sa certitude que le futur de la télévision passerait par le même chemin que les télécommunications numériques, et en particulier le haut débit naissant -et un peu balbutiant-, thèse que de nombreux observateurs analysèrent comme une réplique à la TNT. Ce qui n'était pas faux, mais malgré tout bien plus qu'une attitude épidermique, puisque fondée sur le développement alors observable en toutes régions de la planète de cette "broadband" promettant une révolution sans précédent du monde des télécommunications. Nous savons aujourd'hui que cette vision était la bonne, l'ADSL, auquel la fibre donne encore plus de capacités que ne l'avait fait le cuivre, étant aujourd'hui encore le véhicule majoritaire dans les loisirs TV et vidéo.

A 77 ans, Patrick Le Lay vient de nous quitter. Son action dans le monde de la télévision en France aura été considérable, largement rappelée par de nombreux médias. Encore plus que son statut de visionnaire, il laissera aux professionnels le souvenir d'un dirigeant compétent et fort attachant. 

 

 

Tag(s) : #- A la Une, #- Personnalités

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