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Commerce, amour etc. Comme on ne sait jamais où on met les pieds (ni le reste), des formalités simples peuvent éviter bien des soucis. Serait-ce un nouveau TOC sociétal ?

 

- DVSM, 8 mars 2020. Ils se sont rencontrés dans la chaude ambiance d'une soirée entre amis et amis d'amis. Classique. Doucement, du regard d'abord, ils se sont rapprochés. La musique, les lumières un peu psychédéliques et tamisées comme il s'en vendait il y a bien longtemps chez Superelek les ont doucement plongés dans un monde rien qu'à eux. Après ne plus avoir dansé que collés serrés, il et elle se sont lentement dirigés vers un petit salon, tranquille, loin du joyeux tumulte. Sur un nuage, et sur un canapé moelleux. C'est presque la même chose. Arrive alors la bonne, la délicieuse, la voluptueuse suite logique. Celle qui ne se raconte pas, du moins, pas ici. Mais à l'instant clé, il a lucidement sorti d'une poche un formulaire en deux exemplaires, et lui a demandé de bien vouloir signer. Une fois ce document dûment daté et conjointement paraphé, certifiant le parfait consentement de l'une, l'attitude certifiée d'un non prédateur violeur de l'autre, la belle soirée a pu continuer.

 

 

Sourire…? Pourtant, la précautionnite aiguë n'a plus rien d'une pathologie imaginaire et nul ne peut dire jusqu'où elle se propagera. Venue des USA, elle s'est d'abord répandue dans nos services médicaux. Pour commencer. Une radio, un scanner, une intervention chirurgicale, même bénigne, en ambulatoire ? Avant de commencer, un papier énumérant quelques-uns des risques encourus, trépas toujours possible inclus, est tendu au patient. Signez ou on arrête tout ! On ne le dit pas comme ça, mais c'est ce que le geste signifie. Et si vous passez dans un monde meilleur suite à un malencontreux loupé du praticien, au moins, vous ne viendrez vous plaindre ni à l'accueil, ni devant les tribunaux. C'est tout juste si une caution assortie d'un tarif de location à la journée ne vient pas dans le sillage, dans l'éventualité où un bistouri serait oublié par un stagiaire étourdi. Une sorte de panoplie faisant réplique à l'obligation de résultat dont tout un chacun pourrait se prévaloir.

 

Les récentes agitations dans lesquelles les réseaux sociaux d'abord puis des attitudes "non dématérialisées" dites déplacées (parce que trop bien placées…) ont agité gazettes et prétoires pourraient-elles faire éclore une manie pour de telles précautions…?  La lecture absolument intégrale (signe d'une autre pathologie) de certaines conditions de vente, de contrats et d'engagements n'est pas sans évoquer cette possible épidémie sans virus. Le nombre des personnages ayant des gestes incongrus envers la gente féminine, enfin révélée grâce aux réseaux sociaux, laisse planer cette inquiétude. Laquelle devrait d'ailleurs se prolonger envers ces dames et demoiselles, peu mentionnées pour le moment (mais cela viendra), prêtes à bien des choses pour obtenir quelques bons rôles ou menus avantages de leurs supérieurs hiérarchiques (et inversement, dans tous les sens du genre). Ayant porté de vieux godillots chez un cordonnier pour un salutaire ressemelage, voilà qu'il a fallu signer une liste impressionnante d'engagements, allant jusqu'à garantir que ces souliers une fois remis à presque neuf ne serviraient pas à botter le train de cheminots en grève… Tout déraille…!

 

 

 

Tag(s) : #- A la Une, #- DEMANDE RÉFLEXION !

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