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Photos, films, musiques, souvenirs, tant de ces choses de la vie auxquelles chacun est attaché, sont en permanence sous la menace du feu, de l'eau, des hordes de black blocks, de la mérule, des rongeurs... Quelles précautions peuvent réduire les risques...?

 

L'édito, par Yves Dupré.

DVSM, 16 juin 2019. En quelques semaines, des démonstrations hélas trop concrètes se sont invitées dans l'actualité pour rappeler que face aux éléments, la meilleure des volontés humaines reste totalement impuissante. Il y a quelques jours, la révélation de la perte d'un nombre considérable d'originaux dans l'incendie d'un local d'Universal Music il y a une décennie a frappé les esprits. Bien sûr, aucune des notes de ces enregistrements ne sera perdue, puisque les versions "filles" et autres copies sont innombrables. Ce qui n'empêche pas de constater que les véritables originaux, les bandes mères ayant recueilli directement les sons enregistrés (et par conséquent les meilleurs enregistrements possibles, toute amélioration postérieure n'étant qu'ajouts ou transformations) ont disparu à jamais.

 

Dans l'incendie qui a détruit la partie haute et la flèche de la cathédrale de Paris, une autre forme de fragilité s'est pour sa part installée au premier plan. Pire sans doute que pour les enregistrements d'Universal car ici, pas de copie. Seule une reconstruction, visuellement à l'identique pourra donner une illusion de résurrection. Ce qui est certainement suffisant, car pour les personnes attachées au monument, comme pour celles qui sont attachées à certains moments musicaux, le futur sera semblable au passé. Que la monumentale toiture soit soutenue par des poutres en chêne ou une structure en matériaux composites, la vision de Notre Dame de Paris retrouvera toute sa capacité émotionnelle. Quelle que soit la source, streaming haute résolution, MP3 ou original analogique en Dolby A, la musique entendue gardera ses atouts, d'autant plus que jamais aucun audiophile, mélomane ou consommateur "ordinaire", n'avait de toute façon jamais eu la possibilité d'entendre "en direct" ces originaux détruits. La cathédrale attirera toujours beaucoup de touristes, les enregistrements du patrimoine calciné n'empêcheront pas les droits d'auteurs d'être recueillis.

 

Ces deux événements ne peuvent cependant pas occulter la menace qui pèse sur toutes les collections des individus, elles aussi à la merci de tant de menaces invisibles. Des cartons pleins de photos sur papier qui brûlent ou sont détériorés par une fuite d'eau, des disques analogiques mal empilés qui se gondolent sous l'effet d'une chaleur de radiateur trop proche, des disques durs qui tombent de la table et deviennent inutilisables...

 

On ne compte pas les occasions de perdre ce à quoi chacun tient. Et si, justement, chacun y tient, il n'est pas stupide de consacrer un peu d'argent et de temps à créer ces sauvegardes, physiques, chez soi et pourquoi pas, en double chez des proches, numériques sur un ou, mieux, plusieurs Cloud, pour parer aux plus improbables mais quand même réels risques destruction. Malheureusement, tout n'est pas totalement apte à être protégé. Des collections de magazines anciens, d'albums de bandes dessinées, et des collections d'objets (véhicules anciens, maquettes...) sont vulnérables sans réelle parade. Même les meilleurs contrats d'assurances ne permettent pas de retrouver ce qui est parti en fumée. D'ailleurs, l'assurance-vie elle-même n'a jamais empêché personne de mourir. Personne n'est mort, ni dans l'incendie de Notre Dame, ni dans celui des entrepôts d'Universal. N'est-ce pas la plus réconfortante des conclusions. Y.D.

 

Tag(s) : #- Edito par Yves Dupré, #- PRATIQUE

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