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La pharmacie a-t-elle conscience de son rôle au sein du commerce…? Pour l'heure, elle fait surtout ce qu'il faut pour attiser les envies de libéraliser la vente des médicaments sans ordonnance à ses risques et périls...

- DVSM, 23 avril 2019 – Officines pour les professionnels, magasins ou boutiques pour le public… Nous avons à diverses reprises souligné le rôle de maillon du commerce que toute officine joue dans un ensemble commercial, qu'il s'agisse du centre-ville ou des galeries marchandes et centres commerciaux (Lire ou relire ici notre info de juillet 2016). En ayant augmenté dans de grandes proportions le prix des médicaments en vente libre*, l'univers de la pharmacie prend le risque d'accélérer la possibilité du commerce en général de proposer ces produits à sa clientèle. Pour l'heure, ce métier, qui agit dans le cadre d'une réglementation assez stricte, et sans doute imprégnée de principes qui commencent à sérieusement dater, semble surtout s'accrocher à quelques points redondants, allant des dispositions légales purement arithmétiques au conseil sur la dangerosité de l'automédication. A la clé, des situations parfois paradoxales, dans lesquelles les contraintes des usagers paraissent totalement oubliées (nous évoquons ici uniquement les conditions d'accès aux médicaments, pas les aspects médicaux, hors de nos sujets). Par exemple, nous avions mentionné la querelle entre officines locales ayant abouti à l'annulation d'exercer pour une pharmacie installée dans le centre commercial Aéroville. Ainsi, dans ce centre situé à immédiate proximité de l'aéroport de Roissy-CDG, avec une fréquentation de l'ordre de 8 à 10 millions de visiteurs annuels et des centaines de salariés, impossible d'acheter le moindre comprimé de paracétamol ou un remède pour les conséquences bien connues d'une banale "gastro". Les minimas pour ouvertures de pharmacies** n'ont plus un grand rapport avec les modes de vie d'aujourd'hui, la mobilité et les conditions de vie sociale et économique.

 

Ce qui est ennuyeux dans un centre commercial l'est d'une manière différente dans ces centres de villes dont nombreux sont ceux qui en déplorent la désertification. "La faute des grandes surfaces…" proclament en cœur ceux qui n'acceptent pas d'observer les événements avec lucidité. Cette migration liée à la périurbanisation*** est en réalité "la faute aux consommateurs", des ménages qui n'ont pu que s'installer en périphérie, lors de la puissante poussée démographique des 30 à 40 années d'après-guerre. Une pharmacie qui ferme ses portes à 19H00 (et de plus en plus souvent le samedi après-midi) ne peut qu'implicitement envoyer ses clients vers une zone commerciale de périphérie, si une officine y est présente et, comme c'est fréquemment le cas, parfaitement au diapason avec l'amplitude horaire du commerce local. Quelles qu'en soient les raisons, réglementaires ou autres, des amplitudes horaires plus réduites constituent des facteurs de dépeuplement du commerce de centre-ville.

 

Les prix, les prix… Vient, dans cette situation dont chacun sent bien qu'elle est de plus en plus préoccupante, le souci des tarifs. Au cœur d'une période très fébrile sur le thème du pouvoir d'achat, la pharmacie (en général) semble "en rajouter une couche" en augmentant là où elle est en position de monopole… Sympa…! Ce symptôme n'a échappé à personne, ni aux consommateurs, ni aux associations, et encore moins en "hauts lieux". Plus que la vente des médicaments libres, c'est l'ensemble de son activité qui petit à petit se retrouve dans la balance. Rappelons que dans de nombreux pays, il est possible de trouver des médicaments sans ordonnance dans divers établissements commerciaux et que même la fourniture de médicaments prescrits peut s'opérer de manière beaucoup plus adaptée au rythme très concret de la vie de chacun****

 

En clair, en suivant une politique tarifaire qui préoccupe les responsables déjà aux prises avec des demandes pressantes en termes de pouvoir d'achat, la pharmacie (au sens large) risque d'entraîner des décisions sans retour à son égard. Tout comme les officines souffrent de la disparition de nombreux commerces là où elles sont installées, les points de vente de toutes catégories ne peuvent se réjouir d'un mécanisme inverse. 

 

* Comme le constate l’Observatoire des prix des médicaments publié il y a quelques jours par l’association Familles Rurales

 

** Base 2.500 habitants, et au-delà tranches de 4.000 habitants supplémentaires.

 

*** La périurbanisation, observée sur pratiquement tous les continents à diverses périodes, a conduit à ce que désormais, 60 à 70% des populations des zones urbaines habitent en périphérie, le commerce qui s'y est développé est aussi le commerce de proximité.

 

**** Aux USA, alors que dans toute ville moyenne, au moins un petit supermarché, ouvert 24 heures sur 24, dispose d'une offre de médicaments libres, il est possible, même un dimanche après-midi, de se faire délivrer (après préparation entre autres à doses exactes) le contenu d'une prescription, dans n'importe quel K-Mart ou autre supermarché. Petite migraine, mal de gorge ou gastro imprévue (prévue, c'est plus rare) à Tokyo, Hong-Kong ou Lisbonne…? (entre mille et un exemples) Même dans les boutiques de l'hôtel, ce qui peut soulager est disponible…

 

 

 

 

Tag(s) : #- C'est l'info, #- TOUT LE COMMERCE

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