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Un simple élément, probablement à la base de la plupart des soucis vécus par le pays, n'apparaît jamais au gré des discours et des palabres dont les médias nous abreuvent…

 

L'édito, par Yves Dupré

- DVSM, janvier 2019. Qu'est-ce qui coince dans notre démocratie et qui ne peut que devenir de plus en plus préoccupant si personne n'y porte remède…? Depuis la nuit des temps "électoraux", un détail matériel, quasi insurmontable, rendait rigides toutes les consultations populaires. Les électeurs ne pouvaient se prononcer que par une seule réponse pour une infinité de choix. Pour élire un chef de l'Etat, les représentants à l'Assemblée nationale, et même pour les conseils municipaux, tout était entériné par un vote "globalisé". Cette façon de sembler d'accord avec 100% des options des candidats était un mal nécessaire. Il n'était pas possible d'aller aux urnes quotidiennement. Mais aujourd'hui, les techniques électroniques de télécommunications changent fondamentalement les choses.

 

Ce "tout ou rien", héritage du passé, ne peut pas survivre dans une société au sein de laquelle chaque citoyen voit des avis exprimés et quantifiés quotidiennement, ne serait-ce que par les sondages. Certes, ceux-ci ne peuvent pas servir de socle à l'aménagement législatif, tels qu'ils sont, avec des questions susceptibles d'être savamment orientées, des échantillons modestes et discutables.* Ne dissimulons pas non plus que demander à des citoyens profanes des avis sur des sujets qu'ils ne maîtrisent pas (et où même les experts parfois, nagent…) de trancher pour des questions complexes, serait quelque chose de bien périlleux. Ceci sans oublier des sujets où des cercles d'influence peuvent plonger l'opinion dans des interrogations sans fin. Par exemple, en ce moment, une grande divergence apparaît à propos de la nocivité des particules fines du diesel, entre des centaines de pneumologues qui d'un côté estiment que les seuils imposés sont bien trop sévères, et d'autres centaines de pneumologues qui affirment le contraire. Comment un brave citoyen pourrait-il choisir entre une option (qui est peut-être défendue par les milieux industriels de l'automobile) et une autre (qui est peut-être soutenue par tous ceux qui ont à gagner dans l'exploitation des craintes écologiques)...?

 

A défaut de permettre la mise au point d'un système parfait, il serait sans le moindre doute possible de désormais donner à la population, grâce à ce que le numérique nous apporte, une meilleure participation aux décisions collectives, déjà plus proche d'une approche sujet par sujet. Et par conséquent, un vécu démocratique moins frustrant apparaîtrait pour des citoyens qui, pour l'heure, sont trop nombreux à considérer qu'ils restent dans la pratique du "cause toujours…"

 

Même les grandes élections devront un jour se plier aux possibilités d'une technologie accessible au plus grand nombre et que, par ailleurs, l'Etat n'hésite pas à imposer à chacun d'entre nous. La relation avec les services publics devient presque en totalité obligatoirement dématérialisée (et le sera bientôt totalement) et il serait impossible, par la même voie, de signifier ce que l'on pense et l'on attend de ce services que l'on finance…? Et certains s'étonnent de voir des Français dans la rue…? En outre, la mise au point de procédures de consultations aurait aussi pour avantage de mettre en évidence le poids de certaines exigences aujourd'hui présentées comme "celles du peuple", et qui ne sont peut-être que celles de certaines minorités (à ne pas négliger, mais à traiter différemment).

 

* Il faudrait probablement se pencher sur la création et la validation de sondages "certifiés", calibrés, avec des réponses impérativement uniques faites par des "sondés" eux-mêmes référencés dans une conception revue du corps électoral.

 

 

Tag(s) : #- Edito par Yves Dupré, #- A la Une
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