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Comme dans un monde qui réalise soudain que bien des choses ont changé (et changeront encore)…

 

- DVSM, décembre 2018 – "Qui a réussi à faire une telle concurrence au grand salon de Hanovre…?" semblent en substance s'interroger de nombreux observateurs. Une onde de choc qui vient de susciter de nombreux questionnements dans les médias locaux, révélant une émotion sans doute plus intense que celle qui avait traversé l'Hexagone quand le vénérable SICOB, sorte de CEBIT à la française, avait lui-même déposé les armes. Un salon dont les actifs de jeunes générations n'ont même pas entendu parler, alors qu'il était en France une véritable institution dans le domaine de la bureautique, et par enchaînement logique, des débuts de l'informatique. Il y a eu d'ailleurs des similitudes dans de nombreux thèmes traités dans le SICOB et le CEBIT.

 

Cette émotion dont semblent faire preuve nos voisins d'outre-Rhin tient probablement au fait que depuis fort longtemps, leur pays dominait de la tête et des épaules les autres nations du Vieux Continent en matière de grands salons. Ce n'est plus autant le cas. Grave, inquiétant, mauvais signe... Le CEBIT, qui avait occupé une place assez importante dans les télécoms, est clairement surpassé par le MWC de Barcelone. Ce dernier ne se caractérise du reste pas seulement par sa stature (mondiale) sur son domaine. Il est aussi le représentant d'une nouvelle forme d'événements, salons, rendez-vous d'affaires, congrès, pas nécessairement attachés à un lieu d'organisation, une ville ou un pays. Ainsi, ce point de rencontre des télécoms se tenait jadis à Cannes. Son organisateur a ensuite répondu favorablement à l'offre d'accueil de la capitale catalane, et quelques années plus tard, a reconduit son choix sur cette même ville, après avoir remis en concurrence plusieurs autres métropoles européennes, dont Paris. Pour un salon où exposants et visiteurs peuvent venir des cinq continents, la destination finale importe peu. Un trajet par les airs vers Barcelone, Paris, Munich, Rome ou… Las Vegas revient à peu près à la même chose pour un grand nombre de participants.

 

Dans cet épilogue pour le CEBIT, apparaît aussi une autre tendance. Les exposants, qui se font moins nombreux, attachent de fait moins d'importance à l'ampleur du visitorat, au grand désespoir des organisateurs, très en pointe et imaginatifs pour bomber le torse sur le nombre des entrées. Les exposants donnent désormais la priorité aux échanges commerciaux professionnels qu'ils peuvent réaliser. Or, dans cette perspective, les investissements importants que supposent les grands salons, matériels, financiers et en ressources humaines, ne sont plus opportuns, dans le climat de sévère concurrence à l'échelon planétaire que connaissent de nombreux secteurs d'activité. Et bien entendu, tous considèrent qu'il vaut mieux ne pas participer que de risquer des incidences négatives en termes d'image liés à une présence à "l'économie".

 

La survie difficile de ce salon allemand, qui avait avant tout un impact sur son propre territoire, s'était sentie à travers une audacieuse transposition non sans risque de la fin de l'hiver au début de l'été, pour l'addition 2018, qui restera la dernière d'une série ayant duré 33 ans. L'immortalité n'est pas de ce monde...

 

 

 

Tag(s) : #L'info en temps réel, #- Expos et salons
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