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Il serait sans doute temps de repenser le rapport entre l'automobile instrument de la vie moderne et sa condition de béquille fiscale exploitée à l'excès...?

- DVSM, novembre 2018 - L'épisode des gilets jaunes que le pays vient de vivre (terminé ou en sommeil...?) a-t-il été correctement analysé...? Pas si sûr. Dans les cohortes de commentateurs et d'économistes qui se sont multipliés au gré des talk-shows, tout a été mis sur le tapis. De la nécessité de conjuguer une transition écologique sur un mode réaliste à la chute du pouvoir d'achat, en passant par les arguments des éternels déçus du dialogue et les impatiences redondantes des obsédés du rétablissement de l'ISF. De fait, si la grogne s'est propagée à une multitude de thèmes, bien rares ont été, parmi ces intervenants, ceux qui ont tenu à souligner que c'est par le volet de l'automobile qu'initialement, les choses se sont gâtées.  Et non dans la généralisation de la CSG, pas davantage sur les inconfortables spécificités du passage au prélèvement obligatoire, ou bien d'autres sujets d'irritation de nos citoyens. Plus qu'on l'imagine, l'automobile non seulement rythme de nombreux volets du quotidien, mais elle va plus loin. Toujours objet de positionnement social, elle est aussi le précieux accessoire d'une liberté élargie. Elle permet d'une manière élémentaire d'aller d'un point à un autre à tout moment, sans rien avoir à demander à personne. C'est grand...! Elle permet aussi d'écouter de la musique à un niveau que l'on ose pas envisager à la maison. C'est moins grand, mais au quotidien, quel pied...! En allant ou revenant du travail, elle prolonge une forme intime de chez soi, bien plus agréable que le "chez les autres" des transports en commun. On ne s'y transmet pas de bouche à narines les plus vulgaires virus des saisons à frimas*. Comme cela est souvent souligné sur les pages de KELEREPUS, le blog partenaire de DVSM, elle réunit aussi pour la quasi totalité de ses possesseurs un large volet "loisirs", pour la promenade, le shopping, les visites en famille ou chez les proches, les escapades du week-end, le chemin des vacances. L'automobile n'est pas un bien durable comme les autres. Quand on y touche, la réaction ne peut être que vive.

Malheureusement, outre ces points vite remémorés, l'automobile est aussi considérée depuis fort longtemps comme une corne d'abondance inépuisable, qui n'est épargnée que par bien peu de tentatives de ponctions, toujours justifiées par des arguments auxquels tous ceux qui osent s'y opposer courent le risque de passer pour de sacrés salauds. N'est-ce pas le cas avec l’acharnement sur le diesel, tout utilisateur de gazo étant un présumé serial killer aux 48.000 victimes, et le pire des prédateurs des temps futurs, en songeant aux enfants sacrifiés, bien entendu. Nouveau...? Oh que non...!

Avait-on, il y a plus d'un demi-siècle, imaginé une vignette (fiscale) pour une basse nécessité de recette...? Bien sûr que non. Ceux qui ont vécu cette déjà lointaine époque se souviennent qu'elle était destinée à financer les retraites "des vieux" (on avait en ce temps-là moins de pudeurs de vocabulaire, les "seniors" et le "troisième âge" n'entreront dans les usages policés que bien plus tard). En outre, l'automobile, apparue en fin de 19ème siècle, a dû attendre en France plus de 80 ans pour perdre son statut (toujours fiscal) de produit de luxe, avec une TVA de 33,33%...! En revanche, quand la conjoncture et la consommation ont finalement créé un petit bout de cagnotte, un ministre des finances**, certainement soucieux de son image, a fait un geste marquant en... supprimant cette bonne vieille vignette. 

En réalité, il semble que cette automobile ne parvienne toujours pas à devenir aux yeux de la plupart de nos dirigeants un composant de la santé économique, grâce à ses industries (il reste pourtant deux groupes industriels majeurs en France, ce qui est loin d'être le cas pour de nombreux pays), grâce aussi à la mobilité qu'elle procure au plus grand nombre, autre gage d'une activité indispensable (car, ne rêvons pas, jamais des transports en commun ne pourront assurer non seulement du "domicile-travail" à une proportion dominante des actifs, mais pas davantage des déplacements professionnels inévitables dans une nation en bon état de marche). C'est probablement du côté des idées, pour parvenir à transposer la part excessive des recettes venant du monde automobile vers d'autres sources, que ces responsables devraient consacrer du temps et de l'énergie. Ce qui n'empêche nullement de travailler (comme le fait l'industrie depuis longtemps, ce que démontrent les progrès réalisés) rendre les véhicules moins polluants, voire pas polluants du tout, si cela est nécessaire.  

* Le souhait souvent exprimé d'une plus large utilisation des bus, métros, tramways et trains de banlieues s'est-il appuyé sur les coûts estimés des pathologies grippales, arrêts de travail inclus...?

** Laurent Fabius

 

 

 

 

 

Tag(s) : #- Eco-conjoncture, #- C'est un avis
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