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En 1958, le monde basculait dans une nouvelle époque, bien avant celles des communications numériques. Un progrès de haut vol, concrétisé par les britanniques, réduisant de fait les distances, étape décisive dans l'avènement de l'ère des échanges à l'échelon planétaire.

 

- DVSM, octobre 2018 – Le 4 octobre 1958, décollait de New-York un vol à destination de Londres, le tout premier d'une nouvelle génération. Une étape qui concrétisait l'entrée irréversible du monde dans une dimension inédite. Certes, des avions avaient été non seulement créés, et mis en service sur des lignes régulières bien avant cette date particulière. Cependant, avant les avions "à réaction", les voyages aériens restaient assez longs et chers.

 

Après avoir effectué son premier vol en 1949, précédant  sa mise en service dès 1952, le Comet De Havilland,  premier de tous les jets commerciaux, annonçait déjà un bouleversement inéluctable  dans les modes de transports. Hélas, une série d'accidents graves imposèrent une pause dans ce progrès majeur, obligeant le constructeur à revoir d'une manière approfondie la conception de son avion. C'est sa version 4S, totalement fiabilisée*, appartenant à la compagnie britannique BOAC**, qui assura il y a pile 6 décennies cette première liaison entre New-York et Londres, divisant par 2 le temps de vol. Celui-ci était déjà de l'ordre de la durée de la même liaison en 2018*** (plus de détails et des documents à découvrir ICI.)

 

Une simple anecdote permet de comprendre comment ce vol constituait une véritable révolution pour le monde de l'industrie et des affaires. A peine une quinzaine d'années plus tôt (vers 1933-1934), les équipes d'ingénieurs d'André Citroën, pour préparer les outillages devant servir à la construction de la célèbre Traction, durent se rendre dans les ateliers de la société américaine Budd, chargée de les réaliser. Pour cela, et faute d'autre moyen disponible, ils partirent par bateau, avec une liaison ayant accaparé une dizaine de jours, la moitié à l'aller, la moitié au retour. Les avions classiques, "à hélices", firent les premiers pas dans le changement, mais un Paris-New-York au début des années 50 durait une vingtaine d'heures. Et surtout, le coût de ces voyages, abordable pour des passagers très fortunés, restait déraisonnable pour tout technicien ou commercial.

 

Dans la seconde moitié des années 50, les jets d'autres constructeurs, en particulier américains (Boeing, Douglas, Convair…) sont cependant vite venus concurrencer le Comet. Le coup d'envoi de la BOAC fut certes celui d'un mode de propulsion, mais aussi et surtout celui d'une démocratisation vertigineuse du transport aérien. Sans laquelle les relations commerciales entre continents seraient restées beaucoup plus modestes.  

 

* Cette version assurera des services durant plus de 30 ans, sans aucun problème.

** British Overseas Airlines Company

*** Les avions plus récents sont devenus un peu plus rapides, mais les gains de temps les plus significatifs ont été pour l'essentiel obtenus grâce à l'autonomie des appareils (distance franchissable sans ravitaillement), évitant les escales, longues et coûteuses, et à la simplification (politique) de certains trajets (notamment au-dessus de l'ex-Union soviétique, qui avait interdit durant des années le survol de son territoire par les gros porteurs occidentaux).    

 

 

 

Tag(s) : #L'info en temps réel, #- Eco-conjoncture

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