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L'ouverture dominicale est trop souvent –et très prématurément- analysée sur la seule évolution du CA.

 

- DVSM, août 2018 – Le sujet revient dans l'actualité. Des députés de la majorité viennent de faire savoir qu'ils souhaiteraient étendre l'autorisation d'ouverture dominicale au territoire national tout entier. Une idée qui se place sous le signe d'une logique bien réelle. La notion de "zones touristiques" est en effet stupidement restrictive, ce que DVSM a souligné depuis fort longtemps. En effet, "au-delà de cette limite" (formule jadis bien connue dans le métro de la capitale), le rideau de fer doit rester baissé, donc bien souvent sur ce que le quidam baptise "le trottoir d'en face". Ce qui n'est pas seulement dommage pour le CA perdu alors qu'il ne demanderait qu'à tomber dans la caisse, puisqu'il le peut quelques mètres plus loin. Cela instaure une réelle discrimination entre établissements, et revient en outre à priver d'une possibilité de travailler des personnes que l'huile de coude du week-end ne rebute pas. Sur les presque 10% d'actifs sans emploi, nombreux sont ceux qui, loin de vouloir gagner beaucoup plus en travaillant nettement moins, voire plus du tout*, seraient volontaires pour simplement travailler "tout court"…

 

Des bilans tirés trop tôt. Toutefois, il n'est pas rare d'entendre des commentaires mettant en avant des résultats jugés mitigés, suite aux ouvertures déjà permises grâce aux initiatives d'un ancien Ministre des Finances dont la carrière politique s'est depuis superbement épanouie. Jugements hâtifs s'il en est. A peine deux exercices connus, c'est bien trop peu. Il faut quelques années pour que les habitudes des consommateurs se transforment. Les évolutions sont d'ailleurs plus complexes à décortiquer qu'on l'imagine. Par exemple, dans des lieux où l'ouverture du dimanche tourne depuis longtemps comme une horloge, certains clients ont choisi d'éviter cette journée, souvent surchargée, préférant un cœur de semaine avec moins de cohue et de queues aux caisses. Il est admis, d'une manière empirique, qu'il faut environ cinq années d'exploitation à un centre commercial, après son ouverture, pour qu'il atteigne son rythme de croisière, avec presque toujours des adaptations, des "corrections de cap". Avant l'inauguration, comme avant l'institution d'une ouverture dominicale, les clients avaient déjà des habitudes qu'ils ne transforment pas subitement, du jour au lendemain. D'autres facteurs interfèrent, comme l'évolution démographique (en quelques années, une famille se transforme en effectifs, en temps libre, en affinités…) et celle des zones de chalandises.

 

Des résultats positifs, malgré ceux qui ne jouent pas le jeu… Toutefois, un certain nombre d'effets positifs sont mentionnés par divers responsables d'établissements. Recettes, embauches, autant de points de repères auxquels il convient d'en ajouter un, largement répandu dans les enquêtes réalisée auprès du public. Etre ouvert le septième jour de la semaine constitue un degré de liberté supplémentaire pour la clientèle. Une journée avec moins de contraintes, donc moins de stress, ne peut être qu'un élément positif qui, s'il ne conduit pas un consommateur disposant de 50 euros à en dépenser 80, lui permet aussi de consommer mieux. Etre disponible pour les clients est aussi et même avant tout un service à son égard. En revanche, les établissements qui restent fermés (c'est bien sûr leur droit), s'ils sont trop nombreux, pénalisent l'animation, et les efforts de ceux qui jouent l'ouverture. 

 

* N'est-ce pas ce qui se dissimule dans les tentations d'un revenu universel aussi, grâce à son origine probable, qualifié "d'univers-ciel"…?

 

 

Tag(s) : #L'info en temps réel, #- TOUT LE COMMERCE
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