Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Les "fakes news", ou fausses informations faites pour nuire, ont désormais leurs racines juridiques. Mais des textes incriminés aux jugements définitifs, on n'est pas rendus…

 

- DVSM, juin 2018 – "Le mensonge naît des vérités dont on abuse" (Voltaire). Les supposés sages et autres élus responsables ont-ils assez médité cette formule qui rappelle, entre autres thèmes de réflexion, qu'il y a souvent une distance immense entre ce qui est dit et ce que certains veulent en comprendre. A juste titre, de nombreux commentateurs ont souligné qu'avant de qualifier un écrit sur le Net de "fake new", il faudrait établir l'inexactitude de l'affirmation propagée. Or, chacun sait que si la vérité d'un jour peut se révéler après coup (et années) être un fieffé mensonge, l'inverse est aussi possible. La loi votée est venue d'une initiative du monde politique. Elle est presque la conséquence d'une suite plus ou moins ponctuelle à des infos propagées, comme il y en a eu durant l'éternité sous forme de ce que l'on appelait jadis "les rumeurs". Mais la numérisation n'a pas gagné que les écrits nobles proprement imprimés sur papier couché brillant, ou les tracts dupliqués à la photocopieuse. Elle a aussi mis à le vue de tous ce qui jadis était essentiellement lisible sur les parois des odoriférantes toilettes de gare.   

 

Osons cette question: les promesses électorales sont-elles des "fake news"…? La tentation de répondre négativement est grande, puisque ces envolées rarement suivies d'effets concrets ne semblent pas présenter cette volonté de nuire implicite dans le combat contre l'info puante. Les candidats battus ne sont peut-être pas du même avis. Ce simple exemple montre qu'une fois l'hypothétique délit dénoncé, ne peut suivre qu'un cheminement que l'on imagine fort bien au long cours dans les prétoires. Preuves, interprétations, procès, appel, cassation… La durée des mandats ne sera pas toujours suffisante, et comme souvent quand la justice est sollicitée, les éventuelles réparations n'interviendront qu'à un moment très postérieur à la diffusion de ce qui aura été reconnu comme une information inexacte et nuisible. Tout cela sans oublier le temps nécessaire, mais pas toujours suffisant, pour identifier le véritable auteur de la fake new. Car, comme dans les lieux d'aisance évoqués plus haut, ce genre d'info a un inconvénient. Il ne permet pas à l'auteur de sortir de l'anonymat.

 

Tag(s) : #L'info en temps réel, #- C'est un avis
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :