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- Avec une unité compliquée à manipuler, il est facile d'argumenter "faux" face aux victimes de certaines nuisances. Un comportement récurrent lorsqu'il est question de sons, d'où qu'ils viennent…

 

- DVSM, avril 2018 – Le décibel n'a rien de commun avec le litre, le mètre ou le gramme*. Il ne représente pas une "quantité" au sens littéral du terme, mais un rapport entre plusieurs niveaux. Mesurer un "bruit", niveau sonore, pression acoustique, bref, ce qui est perçu par une ou des oreilles (au minimum, mais la plupart des bruits sont aussi perçus par le corps tout entier de chaque individu), est une opération complexe, que ce soit pour ce qu'un casque, une enceinte, un moteur, un train qui passe ou un avion qui décolle émettent. La détermination d'un risque (pour l'oreille) ou d'une nuisance le long d'une voie ferrée où à proximité d'une piste d'aéroport à travers une mesure simple via un "sonomètre" relève d'une posture peu glorieuse, notamment quand une administration se sert de cette méthode en version très simplifiée pour démontrer qu'une nuisance est inférieure à un niveau posé comme réglementaire.

 

De la posture peut naître l'imposture. Car, ce qui ne simplifie pas les choses, tous les bruits ne se ressemblent pas. Et de son côté, l'oreille humaine a une sensibilité non uniforme. Celle-ci est représentée par une célèbre (pour les acousticiens, ORL et autres spécialistes) courbe dite de Fletcher, qui impose pour toute mesure (de préférence avec un système d'analyse de spectre, et non d'un simple sonomètre) l'application de pondérations. Si toutefois l'objectif est d'obtenir une information pertinente et réellement significative. Ultime détail, si la courbe constitue une référence générale, chaque personne a, en fonction de son âge, de sa morphologie, des éventuelles agressions subies au cours de son existence, une sensibilité qui lui est propre.

 

Un train peut en cacher un autre, mais aucun train ne peut cacher "son" bruit. Surtout quand celui-là roule vite. La mise en service de nouvelles liaisons rapides vers l'Ouest du pays fait apparaître des nuisances sonores particulièrement gênantes pour certains riverains, auxquels avaient été annoncées des propagations sonores rassurantes, apparaissant désormais comme étant pour le moins discutables. Et qui plus est, ces voisin de lignes à grande vitesse se font quelque peu "promener" par des experts qui, soit connaissent mal l'art et la manière de mesurer un niveau sonore, soit maîtrisent parfaitement ce sujet mais défendent l'indéfendable d'une manière peu glorieuse. L'ennui est qu'une fois construite, une telle ligne ne peut qu'être exploitée. D'où l'utilisation d'argument techniques frisant la mauvaise foi et des conflits qui finissent par faire du bruit.

 

Coiffant tout ce délicat sujet, règne une assez vertigineuse inculture collective de l'univers des sons. Héritage d'une génération "audio-hi-fi" abreuvée de watts aux vertus exclusivement publicitaires, nombreux sont les individus qui non seulement maîtrisent mal les nuances de ce domaine mais, pire encore, fondent leurs certitudes sur des notions totalement fausses. La réalité est que bruit du TGV qui file dans la campagne comme celui du home cinéma, de la chaîne hi-fi ou d'un aspirateur devient nuisance sans même qu'un niveau très élevé soit en cause. Et ce n'est pas tout…!

 

Un simple vol de moustique peut davantage perturber le sommeil d'un individu que le passage d'un lourd train de fret au cœur d'une nuit d'été. Faible d'ampleur, mais strident au possible, il préfigure la piqûre, la démangeaison, d'autres réveils intempestifs, un sommeil incomplet, une journée sous le joug de la fatigue. Les perceptions auditives ont en effet des prolongements psychologiques, exactement comme les perceptions visuelles. La preuve en est donnée par certains effets de réalité virtuelle, qui donnent le vertige à des utilisateurs se tenant pourtant sur un sol parfaitement stable. De ce petit survol d'un sujet techniquement et particulièrement complexe, en général seulement assez bien maîtrisé par des ingénieurs acousticiens d'expérience et de talent**, n'a qu'une finalité. Il s'agit seulement de souligner que lorsqu'il y a nuisance, par un train qui passe (et encore plus par des dizaines de convois quotidiens), ou par le boom-boom d'un caisson de grave que les murs d'un immeuble propagent subrepticement, venir avec un micro de mesure pour contester la réalité juridique de la perturbation confine ce que certains qualifient, pardon pour l'expression, de "foutage de g…".  

  

* Encore que le gramme soit une "masse", au sens physique pur, le "poids" d'un objet d'une certaine masse étant la résultante de cette masse et de l'attraction terrestre.

** Par gentillesse, nous ne désignerons pas certaines salles dédiées à la musique dans lesquelles, en quelqes endroits, les spectateurs peuvent entendre trois fois le concert, ce qui prouve que même certains experts du son parviennent à se fourvoyer dans des approximations assez pitoyables.

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