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Les seniors sont de plus en plus nombreux. Mais leur appétit de consommation est d'ores et déjà sévèrement refroidi, peut-être d'une manière irréversible.

 

- DVSM, février 2018 - Il n'est malheureusement pas seulement question de pouvoir d'achat. Et pourtant, c'est le point qui, aujourd'hui, fâche de la manière la plus voyante. C'est peut-être même par cet élément très ponctuel que tout est en train de basculer. La CSG appliquée sans compensation aux personnes retraitées est une goutte d'eau (énorme goutte, pour certaines personnes proche du raz-de-marée), qui à elle seule fait déborder l'océan. Pire, contrairement à ce que l'on pourrait croire, cet étrange choix fiscal, un peu méprisant, n'est pas une mauvaise affaire seulement pour les retraités concernés. C'est l'ensemble de l'activité économique qui risque d'en subir les conséquences.

 

Une immense catégorie de citoyens qui étaient prêts à consommer, oui mais… C'est ainsi que l'on définissait cette catégorie, coiffée d'une dénomination symbolique. "Silver", l'argent…! A répartir cependant en deux grandes catégories avec d'une part les 50-65 ans, d'autre part les plus de 65 ans. Les premiers sont dans la dernière étape de leur vie professionnelle, celle où, carrière aidant, ils bénéficient des meilleures rémunérations de leur vie (en principe), alors que leurs grosses dépenses sont terminées. La résidence principale est acquise et le crédit terminé, les enfants sont grands, moins ou plus à charge (en principe). Il ne leur reste qu'à vivre confortablement, partir en voyage, s'offrir de petits luxes (en principe). Les seconds, 65 printemps dépassés, poursuivent sur la lancée de la première phase (en principe), avec de surcroît le temps libre. Tout le temps...!

 

Un "En principe" à répétition, car les réalités sont bien plus complexes. Hormis ceux qui ont l'immense privilège de pouvoir bénéficier d'une retraite à taux plein dès 55 ans ou à peine plus, les individus qui relèvent de la première catégorie sont aussi ceux qui, pour beaucoup, naviguent dans une fin de carrière tourmentée, chômage élevé et très souvent sans solution, emplois moyens pour aller au bout du décompte de trimestres, avec des salaires moins brillants et qui écornent fâcheusement la retraite qui devient leur seule source de revenus. Cela sans même ajouter que les décennies de chômage jamais sérieusement jugulé ont aussi fragmenté bien des historiques professionnels, ce qui amplifie les bonnes raisons de réduire les pensions, chaque trou dans toute reconstitution de carrière se retrouvant sous forme de trou dans les virements.

 

L'entrée dans le post-professionnel est un choc. Purement arithmétique, et pas seulement psychologique. "Il faut apprendre à vivre avec la moitié de ce que l'on avait avant" est une réflexion souvent entendue (sauf chez ceux qui, sans peut-être s'en rendre compte, ont eu le privilège de bénéficier de régimes meilleurs et d'une sorte de Monsieur Plus au cours des derniers mois de labeur). Outre la dégringolade soudaine, certes un peu amortie par la prime de départ à la retraite, ce grand moment des très grandes vacances tant attendues est hélas celui où l'horizon s'encombre de menaces nouvelles. C'est le moment où, entre mille et une angoisses, chacun commence à comprendre que s'il doit un jour se résoudre à opter pour une maison de retraite, la ponction mensuelle (environ 3000 euros) dépassera allègrement les revenus. Le patrimoine va y passer, celui des enfants en partie aussi, si par malheur, la vie s'accroche un peu trop longtemps. Et avant cela, se présente le spectre d'un maintien de la santé qui risque de ressembler à un parcours du combattant, avec de surcroît des médecins qui ne sont plus là, des services d'urgences dans les hôpitaux où en cas de pépin, tout commence par des heures d'attente dans des couloirs surchargés de patients qui, eux aussi, attendent, etc. Ne donnons pas l'illusion de vouloir en rajouter. 

 

L'heure des "silver" n'est donc pas aux dépenses heureuses, mais au contraire aux petites économies, c'est impératif. Principe plus que de précaution. Désormais, chaque centime compte. Et cela tombe bien mal pour tout le monde. Car la consommation de ces abondantes tranches d'âges (celles du baby-boom) est la part indispensable d'une activité économique susceptible d'assurer emplois et revenus des catégories plus jeunes. Assez peu des économistes friands des petites oboles récoltées sur les plateaux des talk-shows TV mettent le doigt sur ce point douloureux de notre société. Soit ils savent, mais ne disent rien, le messager du malheur étant au regard des autres celui qui le provoque, soit ils ne savent pas, et quand on ne sait pas on se tait. Très maigre consolation : la plupart des pays économiquement avancés éprouvent de grosses difficultés à gérer la condition de ces senior qui manquent de "silver". 

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Tag(s) : #L'info en temps réel, #- Eco-conjoncture
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