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L'amélioration de la qualité de l'image TV est une longue histoire au fil de laquelle se sont mêlées des motivations nobles et d'autres un peu moins, parfois surtout politiciennes…

 

>>> Dans un peu moins de 12 mois, juste sept décennies nous séparerons d'une haute définition avant la lettre, laquelle avait pris son élan dans l'Hexagone. Le 20 novembre 1948, l'adoption du standard de 819 lignes, en noir et blanc bien entendu, était acquise. Cette définition, qui restera une spécificité bien de chez nous, voyait le jour alors que les téléviseurs étaient encore bien peu répandus. Et pourtant, la compatibilité avec l'infinitésimal parc existant avait déjà provoqué de menus remous. Les quelques centaines de clients précurseurs qui avaient consenti une très lourde dépense afin de s'équiper d'un luxueux récepteur au standard de 441 lignes ne voyaient pas d'un bon œil cette brutale obsolescence, à coup sûr non programmée, de leur équipement.

 

Chacun chez soi, ne serait-ce pas plus confortable ? La suite verra naître d'autres préoccupations. Quand vint la couleur, l'option pour le système SECAM fut moins innocente qu'on l'imagine. A cette occasion, point de montée en définition, et même un léger repli. Avec seulement 625 lignes, le format adopté dès 1962 en noir et blanc se plaçait en perspective de l'arrivée de "notre" TV colorée, du RVB glorieusement teinté bleu blanc rouge. Développé par un ingénieur au nom prédestiné pour une réalisation dans la droite ligne des fiers succès à la française(1), Henri de France, le procédé fut décrit comme supérieur aux autres. Ça se discute. Cela se passait en 1967, alors que le reste de l'Europe de l'ouest adoptait le PAL, un dérivé du NTSC d'outre Atlantique. A ce moment, la compatibilité des systèmes sur un plan international n'était plus un détail. Mais au-delà de notre autosatisfaction pour une réussite technique, il est probable que parmi les raisons de l'adoption de ce SECAM, l'opportunité d'avoir justement une frontière technique efficace avec l'étranger a joué un rôle non négligeable. D'autant plus qu'avec l'Eurovision (1954), des images peuvent venir d'ailleurs...  

 

Plus récemment, vint l'étape de la TNT. Certes, numérique, mais initialement, sans montée en définition. Apparaît dès lors un nouveau changement dans les objectifs. L'approche d'une double perspective, via le numérique et la haute définition, est diversement considérée. Soyons clairs, pour les avoir interviewés au début des années 2000, nous savons que les tenants des programmes (chaînes, production…) se moquaient superbement de ces détails techniques (quand ils en avaient seulement connaissance), y compris du format large (16/9). En revanche, côté industrie (et distribution), une notion nouvelle a fait jaillir les envies de CA : le renouvellement du parc. Car celui des récepteurs à tubes cathodiques est alors saturé. Bien plus efficace que des condensateurs capables de lâcher après 3 ans, 8 mois, 4 jours et 9 heures 38 d'utilisation (le fantasme d'une obsolescence programmée, sous certains angles dada des organisations de consommateurs), tout changer pour raison d'évolution de standard est une aubaine. Que l'on a depuis utilisé au moins trois fois en quelques années, pour la TNT, les écrans plats, la HD, la TNT HD, et que les constructeurs aimeraient réemployer pour le 4K.

 

Encore une histoire de définition, laquelle ne peut pas être considérée comme une progression en forme d'histoire sans fin. Même si le HDMI Forum a tout récemment défini les critères des définitions à venir, le 4K et sa variante large 5K, et même le 8K et son inévitable prolongement large 10K…! Des limites physiques, avec lesquelles les modèles actuels flirtent désormais, vont imposer d'autres ficelles. Comme tout simplement les capacités purement physiologiques de discrimination des détails qu'un œil en bonne santé est en mesure d'assurer. La lancinante question d'un bénéfique et juteux renouvellement du parc est en effet revenue au premier plan. C'est raté avec la 3D, sans véritable succès pour les écrans incurvés, sans vague débordante pour la smart TV à cause des box, et encore un peu laborieuse avec les OLED, longtemps restés très onéreux. Il semble que certains acteurs audacieux projettent de lancer d'ici quelques mois du LCD 8K (plus abordable que l'OLED, mais dont les prix commencent à fondre), ce que DVSM avait d'ailleurs pressenti il y a plusieurs mois. Il reste à observer si, à l'automne 2018, certains auront à cœur de commémorer ce vieux fait d'armes de notre technologie, vieux de 70 automnes. Commémore-t-on encore Austerlitz ?

 

(1) A inscrire dans la lignée du paquebot France, du Concorde, du record du monde de vitesse sur rail de 1955 (331 km/h), etc.

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Tag(s) : #- TV-Radios-Medias-Net
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